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Friday, January 26, 2024

Atelier toponymique: Vers la constitution d’une série de banques de données onomastiques algériennes

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L’atelier dédié à la toponymie officielle s’est déroulé au Cercle de l’ANP (Beni Messous) du 9 au 12 Janvier 2024). IL a regroupé, en partenariat avec la SASO (société algérienne savante d’onomastique) des enseignants - chercheurs issus de plusieurs wilayas et spécialités  disciplinaires (linguistique, géographie, anthropologie, littérature, archéologie...). Il ressort que la toponymie, dans sa définition générale la plus usuelle, cible l’étude des noms de lieux dans ses catégories (noms de lieux, de relief, de cours d’eau, de tribus, de rues, d’habitation... est le reflet authentique historique de la société qui l’a produite, ayant un double caractère : patrimonial identitaire et fonctionnel à portée éminemment institutionnel.

A cet effet, il a été relevé le paradoxe suivant : d’une part, la richesse de la toponymie nationale en vertu de l’immensité du territoire, d’autre part, la pauvreté des relevés systématiques.

C’est dire l’importance de cet atelier, dans sa dimension fonctionnelle et opérationnelle la plus productive.

Cet atelier a pour objectif la constitution progressive d’une série de banques de données onomastiques algérienne (noms propres algériens) dans son segment officiel.

L’objectif stratégique est de mettre en place un outil à la fois de description de l’environnement toponymique national officiel et un instrument de gestion institutionnelle (critères normatifs). Elle répondra à des impératifs de gouvernance économique, communicative, politique, culturelle, sécuritaire, juridique, sociale. Le caractère multilingue et plurilingue de la société algérienne, avec deux langues officielles (Constitution de 2020) continue à influer sur la réalisation graphique des toponymes algériens, y compris ceux mentionnés dans les documents officiels.

Les noms de lieux officiels (dépassant les 20 000 dénominations) ont pour la majorité plusieurs réalisations graphiques, que ce soit dans les documents cartographiques, les annuaires téléphoniques, les carrefours de l’information routière ou même dans les atlas géographiques.

L’atelier , à la faveur de la célébration de Yennayer 2974, a orienté ses efforts dans trois directions, qu’il faut saisir dans leurs spécificités et surtout leurs complémentarités, dont il faut gérer la programmation sur plusieurs années, à savoir :

La nomenclature des noms

- un inventaire systématique de la toponymie algérienne répartie à travers tout le territoire national à partir d’un fichier toponymique à mettre en place, en fonction des différents composés d’un toponyme (génériques et spécifiques) qui sont variables d’une région à une autre.

- Une banque de données : chaque toponyme est adossé à une série d’entrées d’identification individuelle :

-          statut de l’entité dénommée (wilaya - daïra, commune), générique (Oued, In, Tin, Ain, Sidi, Douar, Mechta, Taourirt, Qouba, Mqam, etc…

-          correspondance entre les langues : arabe / tamazight – tamazight/ arabe ;

-          écriture officielle (en caractères arabes), écriture de correspondance officielle en caractères latins)…

Livrables

Ce travail descriptif permettra de réaliser, sur une programmation pluriannuelle, les livrables suivants :

A.    Une base de données multifactorielles à mettre à la disposition des institutions nationales permettant l’identification et le repérage de tout lieu en toute rapidité et sécurité, en dépit de la multiplication des écritures (version papier et numérique).

B.      Une plate-forme numérique à la disposition aussi bien des institutions que du grand public (référence nationale officielle de la nomenclature algérienne des noms de lieux).

C.     Une cartographie nationale de la toponymie algérienne (noms les plus fréquents, domaines sémantiques, souche linguistique, la fréquence d’emploi des toponymes les plus récurrents, les formes homonymiques les plus représentatives…

D.    Une étude : une analyse systématique des pratiques d’écriture (transcriptions graphiques) des noms propres algériens (noms à 1, 2, 3, 4 et plus écritures) ainsi que la ventilation géographique des dysfonctionnements graphiques.

E.      La contribution à l’élaboration d’une politique nationale de normalisation des noms de lieux en Algérie et à la mise en place d’un système de transcription/translittération des noms propres algériens de lieux.

Le présent projet apportera une valeur ajoutée certaine par les implications fonctionnelles et opérationnelles en rapport avec la gestion des dispositifs institutionnels liés à la gestion des données spatiales à l’échelle nationale (sauvetage, sécurité, aménagement, cadastre, etc.) et leurs bénéfices sur le plus identitaire et identificatoire.

 

Cadrage politique, méthodologique et technique

-          Relevé systématique et numérique de tous les toponymes officiels algériens, contenues dans la nomenclature nationale des noms des lieux habités (décret N°304 / 1984, Loi no 15-140 du 27 mai 2015l’ordonnance n° 21-03 du 11 Chaâbane 1442 correspondant au 25 mars 2021

-          Relevé à partir du code postal ;

-          Définition et concepts opératoires de la toponymie officielle ;

-          Description linguistique de la toponymie officielle : noms simples, noms composés…

 

Contraintes matérielles

·         Difficultés techniques relatives à la constitution matérielle du corpus pour son exploitation à: conversion des listes PDF en fichier Excel.

·         Le corpus national sera soumis à :

-          un mode de traitement de type quantitatif, de statistique lexicale, basée sur les toponymes les plus récurrents et leur degré de fréquence ;

-          une approche explicative, portant sur la signification des séries toponymiques recensées (sémantique) ;

-          une application collective d'un logiciel de gestion de base données spatiales (Arc Gis), adossé au SIG (Système d’Information Géographique) par tous les membres de l'unité de recherche.

 

 

RECOMMANDATIONS

Les participants à l’atelier méthodologique de constitution de bases de données de la toponymie officielle algérienne recommandent ce qui suit :

- Elaborer une stratégie pluriannuelle fondée sur une approche systématique et progressive du fonctionnement du système toponymique de l’Algérie, en mettant à la disposition des chercheurs la nomenclature officielle des noms de lieux (JORA et code postal).

- Créer au niveau du HCA une cellule technique chargée de la saisie informatique des différents démembrements lexicaux, syntaxiques et graphiques qui seront élaborés par les différents membres de l’Atelier « Toponymie ».

- Inscrire l’étude de la Toponymie algérienne comme axe prioritaire de recherche à l’effet de valoriser les résultats de recherche et de les réinvestir institutionnellement dans le champ de la communication administrative, économique, sociale, culturelle...

- Assurer de manière méthodique la continuité des travaux de l’Atelier toponymique par l’organisation de plusieurs séminaires de formation et de restitution de résultats sous forme de livrables : glossaire des noms génériques, glossaire des noms spécifiques, nomenclature des homonymes, tableau des variantes graphiques, tableau des conversions graphiques (arabe/ amazigh ; amazigh/ arabe), tableau de conformité par rapport aux standards internationaux (ONU).

- Rendent hommage aux responsables du HCA pour l’intérêt qu’ils accordent à la portée nationale onomastique (étude scientifique des noms propres) dans sa dimension linguistique, géographique, historique, économique.

Thursday, February 27, 2020

Atelier: "Le millefeuille onomastique : sédimentation et effacement des toponymes dans les centres urbains de la Péninsule arabique"

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dimanche 31 mai 2020 à l'Université Sorbonne Abu Dhabi

L’aube mythique de la poésie arabe au Ve siècle évoque déjà un rapport évanescent au lieu : le topos des pleurs sur les ruines impose au poète d’évoquer le campement de l’aimée, dont les traces, pareilles à un tatouage s’effaçant au dos la main, sont balayées par des vents contraires, révélant ou effaçant la permanence du lieu. Les villes modernes de la Péninsule arabique sont elles aussi tissées par ces vents contraires de la permanence d’une désignation et du recouvrement par de nouvelles couches onomastiques.

Alors que tous les Etats de la région travaillent à la mise en place de leur récit national et la cristallisation de leur identité nationale, ils ne cessent, paradoxalement, de renommer les quartiers, les rues, les places, les corniches, d’arracher une histoire en construction comme un jeune arbre aux racines incertaines, tandis qu’une mémoire populaire, cependant menacée par les couches successives d’arrivants, se transmet des appellations plus anciennes, remontant pour certaines aux premières années de l’expansion.

Si les grandes capitales du Golfe travaillent à être des «villes temporaires» (Elsheshtawy), un temporaire politique permettant de minimiser l’attachement au lieu et empêcher l’enracinement, la permanence du nom et sa transmission n’est-elle pas une des «tactiques» développées pour résister à cette impermanence, pour revendiquer un «droit à la ville» ?

Combien de villes de la région ont-elle une Shāri‘ al-Taḥliya (rue de la désalinisation) alors que l’usine a depuis longtemps déménagé, et que le nom officiel de l’artère a toujours été celui d’un prince ou membre de la famille dirigeante ? Pourquoi l’artère principale de l’Abu Dhabi des années 1970 se nomme-t-elle encore Elektra, sans rapport avec sa désignation officielle ? Par quels circuits les chauffeurs de taxis, issus du sous-continent indien ou d’Afrique, se transmettent-ils ces désignations qu’emploient leurs clients ? Pourquoi les stations de métro de Dubai changent-elles régulièrement de nom, au risque d’égarer les clients ?

Parallèlement, que signifie pour les autorités de planification de ces centres le fait de nommer le lieu ? Comment les lieux préexistants sont-ils renommés, et comment le sont les nouvelles créations urbanistiques ? Quels messages idéologiques, politiques, esthétiques sont-ils à rechercher sous l’acte démiurgique et performatif de nommer l’inexistant et renommer le périmé ?

Cet atelier transdisciplinaire visera à examiner cette question sous les angles de la sociologie, de l’anthropologie, de l’urbanisme et de la planification, de la géographie humaine et de la linguistique.

Les propositions doivent être envoyées avant le 15 mars 2020 à 

Frédéric Lagrange, frederic.lagrange@psuad.ac.ae
Hadrien Dubucs, hadrien.dubucs@psuad.ac.ae
Laure Assaf, lsa6@nyu.edu

Sunday, May 5, 2019

Atelier collectif "Cartographier le monde islamique médiéval : entre le réel et le virtuel"



144e congrès, Marseille, 2019 - Le réel & le virtuel

jeudi 9 mai 2019 - 11:15 - Mucem, Fort Saint-Jean, salle Khamsin


Table ronde « Cartographier le monde islamique médiéval » 
Titre : Atelier collectif Cartographier le monde islamique médiéval : entre le réel et le virtuel 

Présidents : EDDÉ Anne-Marie, Professeur d'histoire médiévale à l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne

DENOIX Sylvie , Directrice de recherche au CNRS, Directrice adjointe du laboratoire Orient et Méditerranée (UMR 8167, CNRS) et directrice de l'équipe Islam médiéval, Directrice de la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée

La médiation, qu’elle soit orale ou écrite, joue un rôle essentiel dans la transmission des savoirs : parole du maître, livre, image, ou carte… comment se conjuguent, dès lors, les productions virtuelles et les restitutions de réalités historiques ? C’est à partir de leurs recherches originales et collectives, que les membres de l’équipe Islam médiéval de l’UMR Orient et Méditerranée - 8167 du CNRS proposent une table ronde autour de leur programme de cartographie du monde islamique médiéval. Dans un va et vient permanent entre virtuel et réel, les cartes fixes ou animées, élaborées grâce aux nouveaux outils technologiques, permettent, en effet, en histoire comme en géographie, d’étudier et de représenter des sociétés dans leur environnement spatial et temporel. Nombre de problématiques « spatialisables » seront abordées, depuis l’usage des diverses langues savantes (littéraires, liturgiques, de chancellerie, de cour) et vernaculaires, dans les différentes contrées à une époque donnée, jusqu’aux réseaux routiers et maritimes du pèlerinage, du commerce, de la circulation des savoirs… Dans cette table ronde, l’accent sera mis sur les processus mis en œuvre pour la « fabrique » de cet atlas, en particulier sur un certain nombre d’animations visuelles concernant la toponymie, le paysage urbain ou les grands événements de l’histoire. L’exemple de cartographie animée qui sera présenté portera sur l’histoire des Mongols, depuis la naissance de l’empire sous Gengis Khan, au début du xiiie siècle, jusqu’à leur conversion à l’islam, à la fin du xive, en passant par leurs nombreuses conquêtes, leurs divisions internes et leur contribution au développement d’une culture islamique renouvelée.

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Mme Sylvie DENOIX, Directrice de recherche au CNRS, Directrice adjointe du laboratoire Orient et Méditerranée (UMR 8167, CNRS) et directrice de l'équipe Islam médiéval, Directrice de la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée

Membre de la société savante :
 Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public, Membre