Le colloque international « Pour une approche interdisciplinaire de la toponymie » se tiendra à Montpellier les 18 et 19 juin 2026, puis à Béziers le 20 juin 2026. Il est organisé par la Chaire UNESCO en toponymie inclusive de l’Université de Genève, l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et l’Université de Rouen. Le site du colloque rappelle que le toponyme ne relève pas seulement de l’onomastique historique : il intéresse aussi la sociolinguistique, l’anthropologie, la géographie culturelle et politique, les sciences de gestion, les études du paysage linguistique, les technologies numériques et les politiques de dénomination.

Le programme confirme cette ambition : durant trois journées, les communications aborderont les odonymes, les langues minorisées, l’adressage, la colonisation et la décolonisation, la patrimonialisation, les ressources territoriales, les représentations culturelles, les bases de données, la géolocalisation, la microtoponymie et les enjeux politiques contemporains des noms de lieux.
Jeudi 18 juin — Montpellier
Conférence d’ouverture
Marie-Anne Paveau — « Les gestes de (re)nomination toponymique, une réexistence contre le mémoricide. Analyse de quelques dispositifs linguistiques, des avenues de l’Empire aux villes de Palestine »
Cette conférence d’ouverture interroge la renomination toponymique comme geste de réexistence. Elle met en relation mémoire, effacement, pouvoir et résistance, depuis les traces impériales inscrites dans l’espace urbain jusqu’aux noms liés à la Palestine.
Atelier 1 — Odonymies : circulations, héritages, recompositions symboliques
Oliviu Felecan et Gabriela Ioanes — « Odonymes russes en Roumanie : une perspective diachronique »
Cette communication propose une lecture diachronique des noms de rues russes en Roumanie. Elle permet d’observer comment les changements politiques et mémoriels s’inscrivent dans l’espace public.
Elina Alia-Lanternier — « Pour la visibilisation des toponymes antillais par l’adressage de rues. Vers l’historicisation des odonymes et des espaces créoles : l’exemple de la commune de Morne-à-l’Eau en Guadeloupe »
L’étude montre comment l’adressage peut devenir un outil de visibilité pour les toponymes antillais et pour l’histoire des espaces créoles. Le cas de Morne-à-l’Eau permet de penser la rue comme lieu de mémoire et de reconnaissance.
Justin Thiemba — « Le sens de la ville sénégalaise par ses odonymes : le cas de Saint-Louis, Kaffrine et Ziguinchor »
Cette communication analyse les odonymes de trois villes sénégalaises afin de comprendre comment les noms de rues participent à la construction du sens urbain, de la mémoire locale et de l’identité civique.
Marinette Matthey et Guillaume De Pury — « La nomenclature des rues comme paysage discursif toponymique : l’exemple de La Chaux-de-Fonds (Suisse) »
Les auteurs abordent la nomenclature des rues comme un paysage discursif. À travers La Chaux-de-Fonds, ils montrent comment les noms urbains organisent une lecture sociale, historique et symbolique de la ville.
Belghiti-Mahut et Sophia Deudon Michel — « Invisibilité des femmes dans les noms de rues et stéréotypes de rôles : le pouvoir des mots »
Cette intervention porte sur la sous-représentation des femmes dans l’odonymie. Elle met en évidence le rôle des noms de rues dans la reproduction des stéréotypes sociaux et des hiérarchies symboliques.
Alexandra Mallah — « Les odonymes féminins à Paris, une reproduction spatiale des inégalités de genre à l’œuvre dans la société ? »
La communication examine les noms de rues féminins à Paris comme révélateurs d’inégalités de genre. Elle interroge la place accordée aux femmes dans la mémoire urbaine officielle.
Richard Vassakos — « Simone Veil et Gisèle Halimi : entre reconnaissance et controverses, des figures emblématiques et polysémiques dans le processus contemporain de féminisation odonymique »
Cette contribution analyse deux figures majeures de la féminisation contemporaine des noms de rues. Elle montre que la reconnaissance odonymique peut aussi devenir un espace de controverse, de pluralité interprétative et de débat public.
Atelier 2 — Enjeux linguistiques, identitaires et politiques
Salih Akin — « Comment nommer le Kurdistan ? Fragmentations géopolitiques, stratégies discursives et enjeux identitaires »
Cette communication traite du nom Kurdistan comme objet discursif et géopolitique. Elle examine les tensions entre fragmentation territoriale, stratégies de nomination et affirmation identitaire.
Mazlum Capan — « Toponymie et pouvoir au Kurdistan : entre effacement étatique et réappropriation locale — le cas de la province de Diyarbekir »
L’intervention analyse la toponymie comme champ de confrontation entre effacement imposé et réappropriation locale. Le cas de Diyarbekir permet d’observer comment le nom de lieu devient un enjeu de pouvoir.
Nesibe Acar — « Spatialiser l’identité : conflits toponymiques et politiques de domination au Kurdistan de Turquie »
Cette communication étudie les conflits toponymiques au Kurdistan de Turquie comme formes de spatialisation de l’identité. Elle met l’accent sur la relation entre domination politique, territoire et dénomination.
Ivan Savchuk — « L’expérience ukrainienne de changements toponymiques »
Cette contribution présente les transformations toponymiques en Ukraine. Elle permet d’aborder les processus de décommunisation, de réorientation mémorielle et de recomposition symbolique du territoire.
Carmen Alén Garabato — « Le toponyme soumis aux aléas glottopolitiques en territoires sous domination sociolinguistique : quelques cas en Espagne »
L’étude examine des cas espagnols où les toponymes sont affectés par des rapports de domination sociolinguistique. Elle souligne la dimension politique des choix graphiques, linguistiques et institutionnels.
Francescu Maria Luneschi — « Toponymie, langues régionales et infrastructures numériques : visibilité du corse dans la Base Adresse Nationale »
Cette communication relie toponymie, langue corse et outils numériques. Elle interroge la visibilité des langues régionales dans les infrastructures administratives contemporaines.
Alexandre Le Gall — « Proposition de catégorisation des dynamiques d’usage de la toponymie en contexte de diversité linguistique (Bretagne, Cantabrie, Cornouailles) »
L’auteur propose une typologie des usages toponymiques dans des espaces plurilingues. Les cas de la Bretagne, de la Cantabrie et de la Cornouailles permettent de comparer des dynamiques de concurrence, de revitalisation et de circulation.
Atelier 3 — Ressources territoriales
José Ignacio Lopez et Alejandro Pardos — « Toponymie traditionnelle et politiques de dénomination en Aragon : entre le patrimoine immatériel et l’appropriation territoriale »
Cette communication aborde les noms traditionnels en Aragon comme patrimoine immatériel. Elle interroge aussi leur usage dans les politiques contemporaines d’appropriation territoriale.
Aline Pons — « Compétence toponymique et mémoire territoriale : enquête dans le Vallon de San Grato (Issime, Vallée d’Aoste) »
L’étude porte sur la compétence toponymique locale et la mémoire territoriale. Elle montre comment les habitants connaissent, transmettent ou perdent les noms attachés à un paysage.
Marcienne Martin — « Du repérage à la toponymie en relation indirecte avec la géologie chez les Amérindiens Cris »
Cette contribution explore les liens entre repérage spatial, toponymie et connaissances géologiques chez les Cris. Elle met en valeur les savoirs territoriaux autochtones.
Victor Hamelin — « Nommer la mer, dire le pouvoir : enjeux linguistiques et politiques de la thalassonymie ouessantine »
L’auteur étudie la dénomination des espaces maritimes autour d’Ouessant. La thalassonymie apparaît ici comme un champ où se croisent langue, pouvoir, usage local et représentation de la mer.
Lyubov Bobchynets — « Les noms commerciaux français avec la toponymie : leurs caractéristiques structurelles et fonctionnelles »
Cette communication analyse les noms commerciaux français intégrant des éléments toponymiques. Elle montre comment le nom de lieu peut devenir ressource commerciale, identitaire ou valorisante.
Youenn Léon — « Construire la base de données Toponymie litt’orale. Pour une analyse fonctionnelle, spatiale et relationnelle de la microtoponymie du littoral breton »
Cette intervention présente un projet de base de données consacré à la microtoponymie du littoral breton. Elle relie collecte, analyse spatiale, fonction des noms et relations entre les lieux.
Lauriane Lemasson, José German Gonzalez Calderon et Mirtha Salamanca — « Cartographie collaborative des toponymes yagan, selk’nam et haush : réappropriation territoriale et reconstruction identitaire du détroit de Magellan au cap Horn »
Cette communication montre comment la cartographie collaborative peut contribuer à la réappropriation territoriale et à la reconstruction identitaire. Les toponymes yagan, selk’nam et haush sont présentés comme des traces de mémoire autochtone.
Caroline Calvet — « La toponymie au service de la compréhension et de la valorisation du territoire : le cas du PNR Aubrac »
Cette intervention montre comment la toponymie peut aider à comprendre et à valoriser un territoire. Le Parc naturel régional de l’Aubrac sert d’exemple pour penser l’articulation entre enquête, patrimoine et médiation.
Conférence de fin de journée
Michel Ben Arrous — « Cultures toponymiques : l’institution imaginaire des noms de lieux »
Cette conférence propose une réflexion sur les cultures toponymiques et sur l’institution imaginaire des noms de lieux. Elle invite à penser la dénomination comme une construction sociale, politique et symbolique.
Vendredi 19 juin — Montpellier
Conférence plénière
Paul Bacot — « Odonymes des impasses et “impasse” dans les odonymes »
Cette conférence joue sur la double dimension du mot impasse : réalité urbaine et élément de nomination. Elle interroge la manière dont les odonymes structurent la perception des voies, des limites et des formes urbaines.
Atelier 4 — Odonymies : circulations, héritages, recompositions symboliques — adressage
Lucie Robert — « “Au moins, on ne perdra pas notre village” : étude de cas de la perte toponymique dans une zone du Haut-Limousin »
Cette communication étudie la perte toponymique dans le Haut-Limousin. Elle aborde les effets de l’adressage, de la modernisation et de la disparition possible des repères vernaculaires.
Ayité Mawussi — « Adressage, toponymie et repérage spatial en Afrique de l’Ouest. Entre gouvernance urbaine et pratiques quotidiennes »
L’auteur analyse l’adressage en Afrique de l’Ouest comme interface entre administration urbaine et usages ordinaires. La toponymie y apparaît comme outil de gouvernance, mais aussi comme pratique sociale.
Léonie Chevalier — « Reconfiguration territoriale à travers les changements de dénomination — le cas du Sentier de l’Essert et celui du campus de l’EPFL »
Cette contribution montre comment les changements de noms produisent des reconfigurations territoriales. Les exemples suisses permettent d’analyser le passage d’un lieu nommé à un espace institutionnel ou symbolique renouvelé.
Frédéric Giraut — « Qu’est-ce qui se joue dans le passage d’un système d’adresses de lieux-dits à un système d’adresses de voies ? »
Cette communication analyse le passage de l’adressage par lieux-dits à l’adressage par voies. Elle interroge ce que ce changement implique pour les savoirs locaux, les pratiques d’orientation et la mémoire territoriale.
Sara Hedia — « Entre diversité et restriction : la décolonisation des odonymes en Algérie, Oran et Mostaganem en comparaison »
L’étude compare la décolonisation des noms de rues à Oran et Mostaganem. Elle met en lumière les tensions entre pluralité mémorielle, sélection politique et restriction des références symboliques.
Jack Keilo — “The Centre of Now, Toponymies contractuelles du Dubai Metro”
This paper examines the contractual toponymies of the Dubai Metro. It likely focuses on naming rights, branding, urban mobility and the commercial production of place names in contemporary metropolitan space.
Kaddour Takerkart — « Les oronymes dans l’odonymie de Sétif en Algérie : usages, attitudes et représentations sociolinguistiques »
Cette communication étudie la présence des noms de reliefs dans les noms de rues de Sétif. Elle met en relation oronymie, pratiques d’usage et représentations sociolinguistiques.
Mélusine Le Brun — « Du projet aux usages : trajectoires toponymiques à la Cité Modèle (1956-2025) »
Cette étude suit les trajectoires toponymiques de la Cité Modèle sur une longue durée. Elle compare les intentions initiales de nomination et les usages réels développés par les habitants.
Florian Koch, Laurent Gautier, Matthieu Llorca et Lucile Pillot — « Les sites sportifs comme vecteur d’un paysage linguistique urbain entre commodification et commémoration : vérification d’un modèle socio-discursif »
Les auteurs étudient les sites sportifs comme lieux de nomination. Ils interrogent la tension entre logique commerciale, mémoire commémorative et paysage linguistique urbain.
Atelier 5 — Colonisation, décolonisation
Zaid Boussaa — « Toponymie et identité culturelle : étude typologique de la toponymie de la vallée de Rhris dans le Sud-Est du Maroc »
Cette communication propose une typologie des noms de lieux de la vallée de Rhris. Elle montre comment la toponymie participe à la construction et à la transmission d’une identité culturelle.
Lydie Karnikova — « Prague entre décommunisation, mémoire locale et tensions géopolitiques : le sens politique d’un renommage récent à la lumière de la guerre en Ukraine »
L’intervention analyse un renommage récent à Prague dans le contexte de la guerre en Ukraine. Elle relie décommunisation, mémoire locale et tensions géopolitiques contemporaines.
Azeddine Ettahri — « La trace toponymique espagnole dans le Rif : analyse des motivations et des hypothèses linguistico-historiques »
Cette étude examine les traces toponymiques espagnoles dans le Rif. Elle propose une analyse des motivations historiques, linguistiques et politiques qui ont produit ou conservé ces noms.
Ammar Azouzi — « La toponymie coloniale et postcoloniale en Tunisie : enjeux de domination, résistances et réappropriations »
Cette communication aborde la toponymie tunisienne comme lieu de conflit entre héritage colonial, domination symbolique, résistance et réappropriation postcoloniale.
Hasna El Faouki — « Échos des Terres Anciennes : sauvegarde et protection de la toponymie amazighe dans la Vallée de Drâa au Sud-Est marocain »
Cette intervention se concentre sur la toponymie amazighe dans la vallée de Drâa. Elle met en avant les enjeux de sauvegarde, de protection et de reconnaissance d’un patrimoine linguistique local.
Youssef Ymlahi — « De la toponymie coloniale à la ressource patrimoniale : les toponymes d’origine espagnole dans le nord du Maroc »
L’auteur analyse la transformation de toponymes d’origine espagnole en ressources patrimoniales. La communication interroge le passage d’une trace coloniale à un élément valorisé de l’histoire territoriale.
Abdoulaye Mohamed Haidara — « Azawad contre Nord-Mali : la bataille toponymique malienne »
Cette contribution étudie la concurrence entre deux dénominations territoriales. Elle montre comment Azawad et Nord-Mali condensent des visions politiques, identitaires et géographiques opposées.
Klervi Le Collen — « Géolocaliser la guerre : enjeux toponymiques et sécuritaires du reportage de guerre à l’ère numérique »
Cette communication aborde les risques et les enjeux de la géolocalisation dans le reportage de guerre. Elle montre que les noms de lieux deviennent des données sensibles dans l’espace numérique.
Sébastien Boillat et Elvira Serrano — « Une écologie politique des microtoponymes autochtones en Bolivie : des Andes à l’Amazonie »
Les auteurs proposent une approche d’écologie politique des microtoponymes autochtones. L’étude montre comment les noms de lieux sont liés aux territoires vécus, aux conflits environnementaux et aux savoirs autochtones.
Sébastien Brodeur-Girard et Philippe Nadon — « L’appropriation d’un espace : colonisation et perte de la toponymie autochtone en Abitibi »
Cette intervention examine la perte de toponymie autochtone en Abitibi dans le contexte colonial. Elle montre comment la nomination participe à l’appropriation de l’espace et à l’effacement de mémoires territoriales.
Matieu Casanova — « Entre adaptation et effacement : la toponymie marseillaise face au contexte diglossique occitan-français (XVIe-XIXe siècle) »
Cette communication étudie l’évolution de la toponymie marseillaise dans un contexte de contact entre occitan et français. Elle analyse les processus d’adaptation, de traduction et d’effacement.
Atelier 6 — Patrimoine, patrimonialisation, identité
Henri Boyer — « Un toponyme peut être (aussi) un identitème »
Cette communication propose de considérer le toponyme comme un identitème, c’est-à-dire comme un signe condensant une appartenance collective. Elle relie nom de lieu, représentation sociale et identité.
Varvara Pyromali — « L’empreinte de la toponymie sur les représentations sociolinguistiques de la France et des pays francophones chez les jeunes apprenants grecs »
L’étude analyse la manière dont les toponymes influencent les représentations de la France et de la francophonie chez des apprenants grecs. Elle relie toponymie, apprentissage et imaginaire linguistique.
Claire Bourély — « Hochelag ou HoMa ? La toponymie pour analyser les tensions identitaires dans un quartier montréalais en cours de gentrification »
Cette communication examine les tensions entre Hochelag et HoMa dans un quartier de Montréal. Le changement de nom devient un indicateur des conflits liés à la gentrification et à l’identité locale.
Rim Zelfani — « Le toponyme comme dispositif plastique : fonctions esthétiques, discursives et socioculturelles du nom de lieu dans les titres d’œuvres d’art »
Cette intervention analyse les noms de lieux dans les titres d’œuvres d’art. Elle montre comment le toponyme peut devenir un dispositif esthétique, discursif et socioculturel.
Cristina Peride — « Toponymie critique et performative dans l’espace urbain roumain »
Cette communication aborde la toponymie urbaine roumaine sous l’angle critique et performatif. Elle analyse les noms de lieux comme actes sociaux et politiques inscrits dans l’espace.
Fabio Scetti — « Du toponyme au parler local : itinéraire d’une recherche territoriale en Valteline »
L’auteur présente un parcours de recherche territoriale en Valteline. La communication met en relation toponymes, parler local et patrimoine linguistique.
Jean-Pierre Gerfaud — « Collecter les microtoponymes : une démarche qui ne touche pas qu’à la linguistique »
Cette contribution insiste sur la dimension interdisciplinaire de la collecte microtoponymique. Recueillir les noms de lieux, c’est aussi documenter des savoirs, des pratiques, des mémoires et des paysages.
Noël Poncet — « Trésor des microtoponymes francoprovençaux »
Cette communication présente les microtoponymes francoprovençaux comme un trésor patrimonial. Elle souligne l’importance de leur collecte, de leur conservation et de leur transmission.
Samia Ounoughi et Paola Zancanaro — « Le projet MAP2TEXT : Toponymes en diachronie, le cas du New South Wales en Australie »
Cette intervention présente le projet MAP2TEXT et son approche diachronique des toponymes. Le cas du New South Wales permet d’articuler cartographie, corpus historique et analyse des changements de noms.
Metou Kane — « Portée culturelle dans une dynamique didactique à partir des toponymies ivoiriennes dans la chanson “Zomamazo” de Poignon »
Cette communication explore la valeur culturelle et didactique des toponymies ivoiriennes dans une chanson. Elle montre comment la musique peut servir de support à la transmission des noms de lieux et des représentations territoriales.
Ramdane Boukherrouf et Said Hassani — « Écriture et translittération des toponymes de l’Algérie (Kabylie). Incidence sur leur géo-localisation »
Les auteurs analysent les problèmes d’écriture et de translittération des toponymes kabyles. La communication montre que les choix graphiques ont des conséquences pratiques sur la géolocalisation.
Soheila Heidari — “Iranian River Names: A Morphosemantic Study”
This paper offers a morphosemantic study of Iranian river names. It focuses on the internal structure and meaning of hydronyms, showing how river names encode linguistic, geographical and cultural information.
Atelier 7 — Représentations artistiques et culturelles
Julien Bellin — « Nommer des lieux imaginaires dans les mondes secondaires de la fantasy. Approches géographiques et littéraires de la toponymie politique du Cycle de Syffe de Patrick K. Dewdney »
Cette communication étudie les lieux imaginaires dans la fantasy. Elle montre que la toponymie des mondes secondaires peut être analysée à la fois comme construction littéraire et comme géographie politique.
Robin Chouleur — « L’inventaire toponymique des œuvres narratives de Frédéric Mistral : un outil interdisciplinaire au service de l’analyse littéraire et de la valorisation de la toponymie occitane »
Cette intervention présente l’inventaire des toponymes chez Frédéric Mistral comme outil de recherche. Elle relie analyse littéraire, patrimoine occitan et valorisation des noms de lieux.
Francesco Starace — « Il n’y a pas de “hors-Ousitània”. La (re)construction de l’espace gàrdiol dans La trilogia di Shanna »
Cette communication étudie la reconstruction littéraire d’un espace gàrdiol. Elle montre comment la fiction peut produire, transformer ou réactiver un territoire par ses noms.
Daiana Felecan Mihaela et Munteanu Siserman — « Des “traces” toponymiques dans la structure de certaines dénominations de préparations culinaires »
Cette contribution explore les traces de noms de lieux dans les dénominations culinaires. Elle montre que la toponymie peut aussi fonctionner comme marque d’origine, de tradition ou d’imaginaire gastronomique.
Samedi 20 juin — Béziers
La troisième journée se tiendra à Béziers, au CIRDOC – Institut occitan de culture. Elle est consacrée à des questions de normalisation, de changement institutionnel, de documentation et de valorisation plurilingue des noms de lieux.
Isabelle Collomb et Aure Seguier — « La normativisation toponymique en domaine occitan »
Cette intervention aborde la normalisation des noms de lieux en domaine occitan. Elle associe expertise toponymique et traitement automatique des langues afin de penser les formes normées, leur diffusion et leur usage.
Nicolas Garcia — « Le changement de nom du département des Pyrénées orientales »
Cette communication présente les enjeux d’un changement de nom départemental. Elle interroge les motivations politiques, identitaires et territoriales liées à la redénomination d’une collectivité.
Présentation des fonds documentaires et des missions du CIRDOC, Institut occitan de culture
Cette séquence mettra en valeur les ressources documentaires du CIRDOC et son rôle dans la conservation, la recherche et la transmission du patrimoine occitan.
Henri Barthès — « Les errances toponymiques de Saint-Geniès-de-Fontédit »
Cette intervention examine les variations et incertitudes liées à la toponymie de Saint-Geniès-de-Fontédit. Elle montre comment un nom de lieu peut connaître des formes fluctuantes, des interprétations concurrentes et des trajectoires historiques complexes.
Marie Bruneau et Bertrand Genier — « La marque Pyrénées / Pirineos / Pirineus / Pirinioak / Pirenèus, ou comment faire Pyrénées ensemble ? »
Cette communication porte sur la marque plurilingue des Pyrénées. Elle interroge la manière dont plusieurs formes linguistiques peuvent coexister dans un projet commun de valorisation territoriale.
Pourquoi ce colloque est important
Ce colloque est important parce qu’il place la toponymie au croisement de plusieurs enjeux actuels : mémoire, pouvoir, patrimoine, langues minorisées, adressage, urbanisme, justice symbolique, technologies numériques, marketing territorial et géopolitique. Le site du colloque souligne précisément que les toponymes s’inscrivent dans des pratiques linguistiques, sociales, commerciales, touristiques, politiques et géopolitiques, et que seule une approche interdisciplinaire permet d’en rendre compte pleinement.