Le colloque se tiendra principalement au Campus des Cordeliers de Sorbonne Université, avant une clôture à la Bibliothèque nationale de France – site Richelieu. Des ateliers sont également prévus en amont, les 5 et 6 septembre. Portée par l’unité de recherche Médiation·s – Sciences des lieux, sciences des liens de Sorbonne Université, le centre de recherche Pléiade de l’Université Sorbonne Paris Nord et le Comité national français de géographie, la manifestation réunit chercheur·es, praticien·nes, artistes, géographes, urbanistes, militant·es, cartographes et spécialistes des sciences sociales.
L’enjeu central du colloque est simple, mais fondamental : que devient la cartographie lorsque la carte cesse d’être seulement un outil de représentation pour devenir un instrument de pouvoir, de contestation, de mémoire, de soin ou de justice ? Les cartes produites par les États, les institutions, les plateformes numériques ou les experts organisent le territoire, classent les populations, rendent certaines réalités visibles et en effacent d’autres. Les contre-cartographies cherchent précisément à troubler cet ordre établi : elles déplacent le regard, donnent place aux expériences vécues, rendent visibles les marges, les conflits, les absences et les résistances.
Le programme reflète cette ambition par une grande diversité de thèmes. Les premières sessions interrogeront les représentations institutionnelles, les récits cartographiques, le droit à la ville et les autochtonies. Les communications porteront notamment sur les pratiques numériques de contre-cartographie en zones de conflit, les cartographies de la violence d’État en Amérique latine, les mémoires territoriales autochtones ou encore les formes d’occupation et de résistance dans les espaces urbains.
Le deuxième jour mettra l’accent sur les leçons de terrain et les méthodologies. Il sera question des « blancs des cartes », de cartographie collective, d’ethnographie des pratiques contre-cartographiques, de cartographie post-représentationnelle, d’algorithmes, d’anarchisme, de syndicalisme, d’outils hybrides et de cartographies relationnelles. L’après-midi ouvrira plusieurs sessions parallèles consacrées à l’enseignement, aux outils et stratégies, aux imaginaires territoriaux, aux expériences de terrain, aux écologies, aux milieux, aux territoires urbains et aux pratiques du quotidien.
Le dernier jour élargira encore le champ avec des sessions sur les approches artistiques, les métabolismes territoriaux, les risques, les genres, corps et sexualités, l’hydrosocial et les collections cartographiques de la BnF. La présence de communications portant sur l’extractivisme, les rivières, les territoires autochtones, les cartes coloniales, les camps d’internement, les paysages vitivinicoles ou encore les pratiques cartographiques féministes montre que la contre-cartographie n’est pas un domaine marginal : elle touche aujourd’hui aux grands débats contemporains sur l’environnement, la mémoire, la justice spatiale, la reconnaissance et les droits.
L’une des forces du colloque est son ouverture linguistique et disciplinaire. Les interventions seront proposées en français, anglais, espagnol et allemand, et les approches croiseront la géographie, l’histoire, l’anthropologie, l’architecture, l’urbanisme, la sociologie, la philosophie, l’art, la sémiologie, les humanités numériques et les pratiques militantes. Cette pluralité correspond pleinement à l’objet même du colloque : penser la carte non comme un produit neutre et fermé, mais comme un espace de négociation, de conflit, d’imagination et de transformation sociale.
Pour les études onomastiques, toponymiques et culturelles, ce colloque présente également un intérêt particulier. Les cartes ne montrent pas seulement des lignes, des frontières ou des données : elles affichent aussi des noms. Or les noms de lieux, de quartiers, de rivières, de territoires autochtones ou d’espaces contestés participent à la construction symbolique du monde. Toute contre-cartographie implique donc aussi une réflexion sur la nomination : qui nomme ? qui efface ? qui traduit ? qui restitue ? qui rend visible ?
« Trouble dans la cartographie » s’annonce ainsi comme un rendez-vous important pour toutes celles et ceux qui s’intéressent aux formes contemporaines de représentation de l’espace. En donnant place aux cartes critiques, sensibles, militantes, décoloniales, pédagogiques, artistiques et participatives, le colloque invite à repenser la cartographie comme une pratique située, politique et profondément humaine.
Colloque : Trouble dans la cartographie. Contre-cartographies et changements de paradigmes
Dates : 7–9 septembre 2026
Lieu : Sorbonne Université, Campus des Cordeliers, Paris ; clôture à la BnF – Richelieu
Ateliers : 5–6 septembre 2026
Langues : français, anglais, espagnol, allemand
















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