Showing posts with label onomastique française. Show all posts
Showing posts with label onomastique française. Show all posts

Thursday, October 10, 2024

Stéphane Laîné primé pour l'étude des noms avec le Prix Albert-Dauzat

lien + lien

En 1972, la Société française d'onomastique (SFO) a instauré le prix Albert-Dauzat, une distinction biennale destinée à récompenser la préparation ou la publication d'un travail d'onomastique méritoire. Stéphane Laîné, président de la Société d’archéologie et d’histoire de la Manche, section de Valognes, et récent lauréat du prix, nous éclaire : « L’onomastique est une branche de la lexicologie ou de la philologie qui a pour objet l’étude des noms propres, leur étymologie, leur formation, leur usage à travers le temps, ou leur fonctionnement en synchronie. »


Stéphane Gendron, président de la SFO, Stéphane Laîné, lauréat, et Aminthe Renouf, conseillère régionale représentant le président Morin. ©Document remis à La Presse de la Manche

Le parcours de Stéphane Laîné, lauréat normand

Stéphane Laîné, historien et archéologue engagé, est le deuxième Normand à recevoir le prix Albert-Dauzat. Son travail, qui se distingue par la qualité de ses recherches sur les noms propres en Normandie, a permis de mieux comprendre l'histoire régionale à travers l'évolution des noms de famille, des noms de lieux, et leur lien avec le patrimoine culturel. Laîné souligne l'importance de l'onomastique non seulement pour les chercheurs, mais aussi pour le grand public, car elle éclaire d'un jour nouveau les liens entre le langage, la culture et l'histoire.

L'onomastique : un pont entre passé et présent

En étudiant les noms propres, l'onomastique nous relie aux racines de notre culture. Elle révèle des histoires oubliées, des coutumes anciennes, et des migrations humaines à travers les siècles. Les noms de lieux, par exemple, peuvent indiquer des caractéristiques géographiques ou des événements marquants qui ont façonné une région. Les noms de famille, quant à eux, peuvent témoigner de métiers disparus ou d’origines lointaines. Ainsi, l’onomastique ne se limite pas à une exploration du passé, elle nous invite à réfléchir sur le présent et notre identité.

Un champ d'étude en plein essor

Aujourd’hui, l'onomastique connaît un regain d'intérêt. Les recherches en anthroponymie et en toponymie s’intègrent dans des disciplines variées, allant de l'histoire à la sociologie en passant par la linguistique et l'anthropologie. La numérisation des archives et l'accès à de vastes bases de données permettent aux chercheurs d'explorer les noms de manière plus approfondie et à une échelle jusqu’alors inédite.

Le prix Albert-Dauzat incarne cette volonté de reconnaître et d’encourager les recherches sur les noms propres, et Stéphane Laîné, par son travail, contribue à faire rayonner l'onomastique en France et au-delà.

Friday, September 6, 2024

XXe Colloque d’Onomastique


 

SociÉtÉ française d’onomastique

(Paris, Archives nationales)

en partenariat avec l’

Université de Caen Normandie

ainsi que le soutien de la Région Normandie et de la Fabrique de patrimoines en Normandie

XXe Colloque d’Onomastique

Caen -  11-13 septembre 2024

THÈMES

1 - Les mythes en onomastique

2 - Richesse onomastique de la Normandie

Télécharger le programme du XXe Colloque >>>

Télécharger l'affiche du XXe Colloque >>>

VISIOCONFÉRENCES

Mercredi 11 & jeudi 12 septembre 2024

à l’université de Caen Normandie, Amphi de la MRSH
Lien pour la visioconférence :  https://www.youtube.com/@CRISCO-Unicaen/streams

Vendredi 13 septembre 2024

à l’Abbaye aux Dames
Lien pour la visioconférence : https://youtube.com/live/TWcW9ZXfImM?feature=share

Friday, January 22, 2021

J. Barbaut, C'est du propre. Traité d'onomastique amusante

 

C’est du propre. Traité d’onomastique amusante

Jacques Barbaut

Nous éd., 2020

208 p. — 20 €  

ISBN : 978-2-370840-85-1

Nom propre, prénom, nom de famille, nom de scène : ce livre malicieux et savant emprunte autant à divers textes critiques qu’aux figures littéraires qui se confrontèrent aux questions du pseudonyme, du « nom d’artiste », de l’« hétéronyme », aux enjeux de la nomination des personnages (et lieux) fictifs de leurs romans, ou qui écrivirent à partir des associations et rêveries que leur propre nom suscita. Comme les autres livres de Jacques Barbaut, C’est du propre — réflexion sur les pouvoirs et les mystères du nom — accueille citations, collages, fragments, calligrammes, listes, rassemblant les fantaisies (arbitraire du signifié et échos des signifiants) et effets de l’onomastique.

« Toute écriture est l’histoire d’un nom. »

Jacques Barbaut est poète, lecteur et correcteur pour la presse et l’édition. C’est du propre est son quatrième livre publié aux éditions Nous, après A As Anything. Anthologie de la lettre A (2010), 1960. Chronique d’une année exemplaire (2013) et H ! Hache ! Hasch ! Hallucinations de la lettre H (2016).

Voir le livre sur le site de l'éditeur…

Saturday, June 15, 2019

Les Noms de lieux et de personnes en France

pdf et lien


Le Guide bibliographique “Les Noms de lieux et de personnes en France” de plus de 700 pages rédigés par Pierre-Henri Billy et Sébastien Nadiras vient de paraître chez CTHS-Archives nationales dans la Collection ‘Orientations et méthodes’ (n° 33).

Au croisement de l’histoire et de la linguistique, l’onomastique est la science qui a pour objet d’étude les noms de lieux (toponymie) et de personnes (anthroponymie). L’essor de l’histoire locale et de la généalogie, ainsi que de nombreux débats de société témoignent de l’importance croissante accordée à la question du nom dans toutes ses dimensions : origine, évolution, transmission.

Aujourd’hui, c’est à l’ensemble des sciences humaines et sociales que cette discipline ouvre des voies d’investigation. D’abord destiné aux spécialistes, ce guide méthodologique et analytique propose une vaste sélection d’ouvrages et d’articles de référence en la matière. Couvrant les différentes régions de France, il vise à faire découvrir à un plus large public l’onomastique et ses outils de travail.

Pierre-Henri BILLY est chargé de recherche au Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (CNRS-LAMOP). Sébastien NADIRAS, conservateur du patrimoine, est responsable du Centre d’onomastique des Archives nationales.

Thursday, June 28, 2018

Sommaires des Nr. 59 (2017) et 60 (2018) de la NRO sont en ligne

lien

Les sommaires des numéros 59 (2017) et 60 (2018) de la NRO sont en ligne. Ils peuvent être consultés dans la rubrique Publications >> N.R.O.│Sommaires >>>
Ces deux numéros peuvent être commandés au prix de 50 € l'exemplaire pour les membres de la SFO et 62,50 € pour les particuliers non membres.
Voir la page Ventes pour télécharger le bon de commande et pour consulter la liste des anciens numéros disponibles.

Sunday, April 22, 2018

Bibliographie de l'onomastique française

SFO

Publiés en 1977 et en 1987, les deux volumes L'onomastique française ont été élaborés par Marianne Mulon, responsable du Centre d'onomastique des Archives nationales jusqu'en 1991. Ils contiennent les références bibliographiques de tous les travaux antérieurs à 1985, classés par département ou par région (France métropolitaine). Ces deux ouvrages, visant à l'exhaustivité et totalisant plus de 12.000 références, peuvent être consultés au format PDF sur le site des Archives nationales >>>
Marianne Mulon a poursuivi jusqu'à son décès en 2011 son activité de recensement bibliographique. Les 4.000 références supplémentaires résultant de ces dépouillements, couvrant la période de 1985 à 2011, figurent dans le fichier suivant, dans lequel on a joint les références des deux volumes publiés par les A.N. Ce sont donc au total plus de 16.000 références de travaux concernant l'onomastique française, des origines à 2011, qui se trouvent consultables dans ce fichier.
Une grande partie des ouvrages et articles référencés se trouve consultable au Centre d'onomastique des Archives nationales.>>> 

Monday, July 17, 2017

Petit Dictionnaire insolite des aptonymes

Projet VOLTAIRE

Petit Dictionnaire insolite des aptonymes : quand votre nom vous colle à la peau !


Sunday, July 2, 2017

Colloque "Neonoma : néologismes et noms propres"

FABULA

Du 9 novembre 2017 au 10 novembre 2017
Université de Strasbourg
ARGUMENTAIRE
Prénoms originaux (Charlolivier, Alkapone), noms commerciaux évocateurs (BlaBlaCar, Fautif Hair, Oasis), toponymes à enjeux identitaires (Hauts-de-France, Nouvelle-Austrasie), acronymes militants ou scientifiques (LGBTPETA ; IDEX), désignations péjoratives de personnes (la marie-chantal, la conchita, le kévin), formation de noms communs ou d’adjectifs (macronite, trumperies ; vallsiste), appellations politiques (Grexit, Ayraultport), pseudonymes ludiques dans les réseaux sociaux (@outofpaprika, @aeris22), noms propres fictionnels (Assurancetourix, Lara Croft, Jason Bourne), etc. Force est aujourd’hui de constater que nom propre et innovation langagière entretiennent des rapports privilégiés dont la portée socio-culturelle, économique, voire politique (« personal branding » du nom Trump), apparaît tout aussi indéniable. De fait, la stratégie des créateurs de noms propres est claire : outre les raisons d’ordre juridique1, il s’agit in fine de forger un nom propre qui véhicule une mise en scène valorisante de soi, d’une œuvre, d’un produit ou d’une entreprise, tout en favorisant la mémorisation auprès d’un public vivant à une époque marquée par l’individualisme et l’ultra-communication.
Or, en linguistique, cette relation entre le nom propre (anthroponymes, toponymes, chrononymes, ergonymes, etc.) et la création néologique a jusqu’ici été peu étudiée en tant que telle. En effet, du côté des études de néologie, le néologisme est explicitement défini comme une unité de nature lexicale, c’est-à-dire comme un principe de vitalité des langues2, vis-à-vis duquel le nom propre n’est pas pertinent, n’étant pas lui de nature lexicale. Par ailleurs, si les études de lexicologie se préoccupent bien de procédés de formation portant sur le nom propre (essentiellement le phénomène de l’antonomase), elles relient rarement les moyens morpho- sémantiques de l’innovation lexicale au contexte socio-historique de cette dernière, laissant ainsi de côté les conditions textuelles et pragmatiques (cruciales en traduction), la situation événementielle (ex. la déonomastique des patronymes politiques est contemporaine de leur médiatisation) et, au-delà, le parcours historique de diffusion des créations lexicales (mots à la mode ou intégration durable des antonomases à la langue commune).
Dans le but d’approfondir la relation entre le nom propre et la création néologique, ce colloque réunit des spécialistes internationalement reconnus du nom propre et de la néologie, mais aussi des informaticiens-linguistes, des spécialistes de la traduction, de la rhétorique et un professionnel du nom d’entreprise. Diversité des approches et des langues, originalité scientifique et portée socio-culturelle du sujet constituent ainsi les points forts de ce colloque de dimension européenne.

PROGRAMME

Jeudi 9 novembre
8h45-9h15
Ouverture-présentation du colloque
Axe 1 — Nomination néologique et noms propres
9h15-10h00
Jean-François Sablayrolles (Paris 13)
Diversité des relations entre néologie et noms propres
10h00-10h45
Jean-Louis Vaxelaire (Namur, Belgique)
La distinction nom commun / nom propre à l’aune de la néologie
10h45-11h
Pause café
11h-11h45
Teresa Cabré et Amor Montané (Barcelone)
Néologismes construits sur des noms propres : instabilité et permanence
11h45-12h30
Mathilde Huguin (Nancy)
Morphologie et noms propres : les créations lexicales à partir des noms de personnalités politiques françaises
Pause déjeuner
Axe 2 — Noms propres en discours et en traduction
14h00-14h45
Hilke Elsen (Augsbourg, Allemagne) The sound symbolic value of new names
14h45-15h30
Denis Jamet (Lyon 3)
Le rôle des euphémismes et dysphémismes dans la création des noms propres
15h30-15h45
Pause café
15h45-16h30
Thierry Grass (Strasbourg)
Nom propre fictif et traduction – une approche trilingue français-allemand-anglais
16h30-17h15
Dominique Defert (Strasbourg, traducteur professionnel) De la traduction des noms et des inventions lexicales
Vendredi 10 novembre
Axe 3 — Traitement automatique des langues et noms propres
9h15-10h
Damien Nouvel (Paris, INALCO)
Remédier à l’incomplétude lexicale à l’aide de bases lexicales en ligne
10h-10h45
Emmanuel Cartier (LIPN-CNRS, Allemagne)
Néologismes issus de noms propres : relevé, analyse et repérage automatique dans la plateforme Néoveille
10h45-11h
Pause café
11h-11h45
Christophe Gérard (Strasbourg)
Nom propre, diachronie et veille néologique (plateforme Logoscope) :
la dénomination mouvementée des nouvelles régions de France (2014-2017)
11h45-12h30
Francesco Crifò (Sarrebruck, Allemagne)
« Parler d’autre Martin ». Essai de phraséologie hagionymique
Pause déjeuner
Axe 4 — Noms propres et entreprises (« naming »)
14h-14h45
Jana Altmanova (Naples, Italie)
Repérage semi-automatique et analyse du degré de lexicalisation de l’onomastique commerciale à partir des plateformes Neoveille et Logoscope
14h45-15h30
Sophia Huynh-Quan-Chiêu (La Marque Pensée, Strasbourg)
Création de noms et marketing : quelles contraintes pour les professionnels ?
15h30-15h45
Pause café
15h45-16h45
Table ronde : bilan du colloque et perspectives

Wednesday, February 1, 2017

La pseudonymie dans la littérature française



http://www.fabula.org/actualites/d-martens-dir-la-pseudonymie-dans-la-litterature-francaise_77838.php

D. Martens (dir.), La pseudonymie dans la littérature française, Rennes, Presses universitaires de Rennes, "La Licorne", 2016.


La pseudonymie dans la littérature francaise. De François Rabelais à Éric Chevillard, s. dir David Martens, Rennes, Presses universitaires de Rennes, "La Licorne", 2016.
Date de parution : 09/02/2017 Editeur : PU Rennes ISBN : 978-2-7535-5218-0 EAN : 9782753552180.
Sous pseudo 
Jamais sous doute la pseudonymie n'a été chose plus partagée qu'en ce début de XXIe siècle. Jadis, le recours à une autre identité via un autre nom que celui figurant à l'état civil était essentiellement restreint à certaines sphères d'activités spécifiques : ordres religieux, services secrets, pratiques artistiques… De nos jours, en revanche, à la faveur du développement d'internet en particulier, la pratique qui consiste à user d'un autre nom que le sien semble devenue monnaie courante et le pseudo se situe désormais au cur de certaines des pratiques qui façonnent notre relation à l'écrit et à sa diffusion publique.
Qu'en est-il des écrivains en ce qui concerne leurs recours à ce geste d'écriture auquel ils ont conféré son degré de sophistication le plus prononcé ? Réunissant des études portant sur la littérature française du XVIIe siècle à nos jours, cet ouvrage a pour objectif de faire apparaître les principaux enjeux de la pratique pseudonymique tout en montrant la complexité et la diversité de ses usages, formes et fonctions au fil des siècles.

Présentation des différentes contributions (on trouvera à la suite le sommaire de l'ouvrage) :
"Partant du constat de l’importance de la pseudonymie dans la production littéraire en même temps que du caractère encore éclaté des recherches sur le sujet, ce volume s’est donné pour finalité de baliser l’étude de la pseudonymie en examinant de façon systématique les procédures de mise en œuvre du nom de plume par les écrivains. Pour ce faire, la pseudonymie a été envisagée de façon large, c’est-à-dire comme un système de pratiques signatoriales répondant à certaines finalités, historiquement déterminées. Les contributions réunies au sein de cet ouvrage, le premier de cette ampleur à être intégralement consacré à la pseudonymie dans la littérature, visent à examiner les différentes formes et les modes de fonctionnement de la pseudonymie au sein du champ littéraire français, en abordant les questions soulevées par cette pratique de façon transversale et selon une perspective résolument inscrite dans la longue durée puisqu’elle s’étend du xvie siècle à nos jours.
Les articles qui composent cet ouvrage sont répartis en trois sections, précédées par un article de Jean-Pierre Cavaillé qui examine la façon dont Adrien Baillet rend compte, au xviiie siècle, des motivations des auteurs qui adoptent un pseudonyme.
Chacune de ces sections correspond à une problématiques définie et rassemble des études relatives à des corpus d’époques différentes afin de faire ressortir, à la fois, les lignes de force de la poétique de la pseudonymie en même temps que les spécificités historiques de leurs mises en œuvres.
La première partie porte sur la faculté du pseudonyme à générer du jeu dans la constitution de la figure auctoriale. La pratique pseudonymique suppose la mise en jeu de deux signatures au moins, le (ou les) pseudonyme(s), mais aussi le nom véritable, que celui-ci soit connu ou non par le public. Le procédé, qui peut se configurer de façons très variées, repose sur un principe d’altération, susceptible de revêtir différentes formes, selon les publics visés. Cette question est cruciale dans la mesure où elle détermine les formes de pseudonymie et les effets de lecture qu’elles génèrent. À cet égard, contrairement à l’option ségrégationniste retenue traditionnellement (chez Genette et Jeandillou notamment), la pseudonymie et l’hétéronymie sont ici envisagés comme deux formes distinctes d’un même procédé, qui consiste à signer d’un « faux » nom. En l’espèce, il ne s’agit nullement de réduire la spécificité de l’hétéronymie, mais bien plutôt de se donner les moyens d’aborder un ensemble de pratiques apparentées dans leur diversité, afin de rendre compte de la logique qui les sous-tend.
La seconde partie de l’ouvrage, composée de trois sous-parties, porte sur les changements de paramètres identitaires induits par le pseudonyme. Par leur seule facture les noms propres « renvoient à la réalité, ou à la plausibilité, d’une origine ou d’une appartenance » (N. Lapierre, Changer de nom (1995), édition revue et augmentée, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2006, p. 19) en indexant certaines caractéristiques identitaires, de façon plus ou moins évidente et fiable il est vrai. Un pseudonyme peut dès lors parfaitement afficher d’autres coordonnées identitaires que celles effectivement induites par le nom d’état civil. Se choisir un pseudonyme revient ainsi, pour un écrivain, à se donner la possibilité de mobiliser certaines caractéristiques identitaires que le nom est susceptible d’afficher – comme l’appartenance sociale, le sexe ou encore l’origine culturelle, qui sont ici envisagés successivement, à travers quatre études pour chacune de ces sous-sections –, tout en procédant, le cas échéant, à l’occultation ou à l’escamotage éventuels d’un ou de plusieurs autres de ces traits d’identité.
La troisième et dernière section de l’ouvrage fait pendant à la première, qui examinait les formes internes du champ de la pseudonymie. Les quatre articles qui la composent s’interrogent sur l’inscription de la pseudonymie dans le champ global des pratiques de signature, des pratiques proches de la pseudonymie littéraire, dont l’examen permet de tracer les contours de son champ d’exercice. Il s’agit de l’envisager à travers ses rapports avec d’autres types de signature, en la situant au sein des règles qui régissent l’auctorialité en régime littéraire, en l’examinant par rapport à des formes de signature qui partagent certains traits avec la pseudonymie mais n’en relèvent cependant pas (l’anonymat), en la mettant en regard des dispositifs d’écriture particulier qui, sans relever de la pseudonymie, génèrent des effets analogues à ceux produit par les pseudonymes, enfin en comparant la pseudonymie littéraire à la façon dont d’autres types de discours (la philosophie, en l’occurrence) traitent les pseudonymes.
Aussi transversal et éclectique soit-il, un tel panel n’a pas prétention à l’exhaustivité. Une telle ambition serait en toute rigueur irréalisable devant la richesse et la complexité des questions soulevées par une telle problématique. La finalité de cet ensemble est, plus modestement, de poser un certain nombre de balises à travers une approche collective structurée par une interrogation commune et une mise en perspective des différentes études les unes par rapport aux autres.
Par son ampleur, l’ouvrage permet d’aborder un ensemble d’œuvres, d’auteurs et, surtout, d’aspects de la pratique relativement conséquent. Ainsi, de François Rabelais (Ariane Bayle) à Éric Chevillard (Charline Pluvinet) en passant par Adrien Baillet et ses écrits sur le sujet et les motivations de la pseudonyme (Jean-Pierre Cavaillé), ce volume aborde le rapport de la pseudonymie à la doxa qui sous-tend l’auctorialité littéraire au xviiie siècle (Jan Herman), le phénomène de la ventriloquie dans la littérature pamphlétaire du début du xviie siècle (Jean-Philippe Beaulieu), l’usage des fausses signatures dans le cadre des controverses religieuses du xviiesiècle (Martial Martin), le recours aux pseudonymes féminins dans la presse d’Ancien Régime (Mélinda Caron), l’attrait de l’ailleurs que mobilisent les pseudo-traductions de l’anglais dans le roman du xviiie siècle (Beatrijs Vanacker), l’évolution de l’usage des pseudonymes chez Gérard de Nerval (Michel Brix), l’adoption de noms de plumes de l’autre sexe dans la littérature des années 1825-1835 (Sophie Vanden Abeel-Marchal) les motivations du recours à la pseudonymie pour les femmes écrivains de la Belle Époque (Patricia Izquierdo), la part de sacralisation induit par le pseudonyme et sa dissémination au cœur de l’œuvre poétique, chez un Saint-John Perse (Sylvain Dournel), les pratiques collectives de pseudonymie dans des jeux plus larges de nomination au sein de groupes d’avant-garde, qu’il s’agisse de Dada (Eddie Breuil) ou du Grand Jeu (Anne-Marie Havard), la dimension rituelle et sacralisante de la pseudonymie, comme manière de marquer sa naissance à l’état d’écrivain, chez un romancier comme Joris-Karl Huysmans (Jérémy Lambert) ou des poètes comme Pierre Jean Jouve et Pierre Emmanuel (Myriam Watthee-Delmotte), la spécificité du recours au pseudonyme dans des pratiques d’écritures privées telles que la correspondance chez un auteur comme Céline (Jérôme Meizoz), l’attrait crypté de la noblesse dans le façonnement de son nom de plume par Marguerite Duras (Christophe Meurée), la réception problématique d’œuvre attribuées à des auteurs d’une autre identité culturelle que celle de l’auteur véritable, avec Boris Vian et Jack-Alain Léger (David Martens & Aleide Vanmol), et, enfin, de la différence des usages du pseudonyme dans les domaines littéraire et philosophique (Dominique Maingueneau).
L’objectif de cette réflexion d’ensemble est de faire apparaître certaines des facettes majeures de cet usage particulier et quelque peu transgressif de la signature, qui met en question notre rapport à la littérature et à ses règles, telles qu’elles n’ont cessé de se transformer au cours des siècles. Plus largement, cette cartographie d’une pratique éclaire les relations que nous entretenons avec le nom propre et, plus largement, avec notre identité et celles de nos semblables telle qu’elles se trouvent mise en jeu dans les rapports que nous entretenons eux." D. M.

Table des matières
NB : Les introductions des différentes sections du volume sont accessibles sur Academia (voir ci-dessous).

David Martens (KU Leuven) – « Pseudonymie et littérature. Pour une cartographie d’un mode de signature » (A lire dans l'Atelier de théorie littéraire).
Jean-Pierre Cavaillé (EHESS) – « Motivations de la pseudonymie dans Les Auteurs déguisés Adrien Baillet »

1. Doublures pseudonymiques
Ariane Bayle (Université Jean Moulin – Lyon III) – « D’Alcofribas Nasier à Rabelais : différer et promettre »
Michel Brix (Université de Namur), « Beuglant, Gérard, Aloysius, Frizt, Nerval et Cie : Gérard Labrunie et ses doubles »
Eddie Breuil (Université Lumière – Lyon II), « Du nom dans Dada »
Jérôme Meizoz (Université de Lausanne), « Note sur Céline pseudonyme »

2. Différences identitaires

2.1. Différences auratiques
Sylvain Dournel (Université Paris IV) : « J'habiterai mon nom ». D’Alexis Léger à Saint-John Perse. Le Cheminement d’un idéal »
Anne-Marie Havard, « Jeux et enjeux de la polynomie : le cas du poète Roger Gilbert-Lecomte »
Myriam Watthee-Delmotte (Académie Royale de Belgique et Fonds de la Recherche scientifique - Université de Louvain-la-Neuve) : « De la pseudonymie littéraire comme rite autogène. La posture auctoriale de Pierre Jean Jouve et Pierre Emmanuel »
Christophe Meurée (Fonds de la recherche scientifique – Université de Louvain-la-Neuve), « De l’aristocrate à l’anonyme : Marguerite Duras »

2.2. Différences culturelles
Martial Martin (Université de Reims), « Entre pseudonymie et anonymat. L’auctorialité brouillée des littératures satiriques et polémiques durant les guerres de religion »
Beatrijs Vanacker (KU Leuven), « Portraits d’auteurs supposés dans quelques pseudo-traductions du xviiie siècle »
Jérémy Lambert (Université de Louvain-la-Neuve), « De Georges-Marie à Joris-Karl Huysmans. De la pseudonymie littéraire comme principe baptismal »

2.3. Différences de genres
Jean-Philippe Beaulieu (Université de Montréal), « La Voix de la Maréchale d'Ancre. Effets de ventriloquie dans quelques pamphlets de 1617 »
Mélinda Caron (Fordham University – New-York), « La SpectatriceAspasieLa Comtesse de... ou le masque identitaire féminin dans la presse littéraire d’Ancien Régime »
Sophie Vanden Abeel-Marchal (Université Paris IV), « Pseudonymie, pseudandrie et pseudogynie de 1825 à 1835. Un coup de sonde dans la première moitié du xixesiècle »
Patricia Izquierdo (Université de Lorraine), « Jeux et enjeux de pseudonymes masculins à la Belle Époque »

3. Aux marges de l’auctorialité pseudonymique
Jan Herman (KU Leuven), « Postures d’auteur et doxa à l’Âge classique »
Dominique Maingueneau (Université Paris Sorbonne), « Pseudonymie et discours constituant »
Charline Pluvinet (Université de Rennes II), « Les pseudonymes invisibles d’Éric Chevillard : démolir l’autorité du nom ? »

Monday, October 10, 2016

L’esprit des lieux mémoire, toponymie et patrimoine dans le monde romain



http://www.histoire.ens.fr/L-esprit-des-lieux-memoire.html


L’esprit des lieux mémoire, toponymie et patrimoine dans le monde romain

Journées d’étude organisées par le programme Monumenta avec le soutien des équipes ANhiMA, ARTeHIS, HALMA et CREHS, de l’université Paris Diderot et du département d’histoire de l’ENS
Contact : sylvia.estienne@ens.fr Jean-Pierre.Guilhembet@wanadoo.fr



Vendredi 7 octobre 2016

Discutante : Anne Daguet-Gagey
14h : Sylvia Estienne et Jean-Pierre Guilhembet  : Introduction
14h20  : Vincent Jolivet  : Auguste, Néron et les Sept Merveilles de Rome
15h10 : Pause
15h 30 : Domenico Palombi  : “Fabrique toponymique” au cœur de Rome : le cas de l’Argiletum
16h 20  : Cyril Courrier : Pour un dictionnaire des toponymes de Rome
17h 10  : Discussion


Samedi 8 octobre 2016
Discutante : Sabine Lefebvre
9h30 : Robert Coates-Stephens  : Quamdiu stat Colisaeus. Place name and statue name in medieval Rome
Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques ANHIMA10h20 : Charles Davoine  : Ruines et toponymes. La mémoire des lieux détruits dans la littérature grecque et romaine d’époque impériale
  11h10 : Pause
 11h 30  : Catherine Saliou : La mémoire des noms : toponymie, onomastique édilitaire et mémoire culturelle à Antioche sur l’Oronte 
12h20 : Discussion
 
14h15-16h
Retour AccueilTable ronde : Comment saisir le génie des lieux ?

Présidée par Stéphane Benoist,

avec la participation d’Anne Daguet-Gagey, Monique Dondin-Payre, Valérie Huet, Sabine Lefebvre, Valérie Naas et Renaud Robert