Thursday, July 28, 2016

Poétique des noms de personnage et esthétique réaliste dans la comédie humaine de Balzac

http://www.theses.fr/s61014

'Faire concurrence à l'état civil : poétique des noms de personnage et esthétique réaliste dans la comédie humaine de Balzac'.


par Ada Smaniotto

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone
Sous la direction de Alain Vaillant.
Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) depuis le 27-10-2010 .

  • Résumé

    Dans « l'avant-propos » de la comédie humaine, balzac affirme sa volonté de « faire concurrence à l'état civil ». cette formule souligne l'ambition de balzac : afin de rendre compte de la totalité du réel, il construit un univers peuplé d'êtres fictifs et dresse, face à la réalité enregistrée par l'état civil, une autre réalité, enregistrée elle par la comédie humaine. mais cette « concurrence » littéraire avec l'état civil passe avant tout par la volonté balzacienne de s'arroger le pouvoir suprême de l'état civil – celui de nommer. l'étude synthétique des noms des personnages de la comédie humaine permet une nouvelle lecture de l'œuvre de balzac. l'inventaire précis des noms de personnages dans la comédie humaine révèle ainsi la gestion singulière par balzac du stock onomastique dont il dispose, entre saturation progressive des « noms reparaissants » et invention permanente, et témoigne de la macro-genèse de l'ensemble textuel de la comédie humaine. l'étude de la motivation onomastique des noms de personnages souligne quant à elle la résistance balzacienne à la simple vraisemblance, due sans doute à sa volonté de « faire concurrence à l'état civil ». le système des noms de personnages dans la comédie humaine – pivot de l'illusion romanesque – est ainsi au cœur de la question du rapport au réel de cette œuvre : l'« état civil » romanesque mis en place par balzac n'est pas la pure reproduction de l'état civil réel. par sa nature motivée mais aussi par la distribution même des différents noms aux personnages, il ébranle le système social réel des noms, illustrant de la sorte l'émergence du sentiment de l'individu propre à la france révolutionnée du xixe siècle.