Friday, February 19, 2016

Microtoponymie de la commune de Vebret

http://www.onomastique.asso.fr/news.php?lng=fr&pg=227&tconfig=0

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=47941

Microtoponymie de la commune de Vebret (Cantal)




Jean-Claude Rivière

Éditions L'Harmattan - Collection « Nomino Ergo Sum »
Août 2015
ISBN : 9782343063591
314 pages
32 €

La microtoponymie est l’étude des lieux-dits d’une région bien délimitée. Elle concerne non seulement les lieux habités (villages, hameaux, fermes isolées) mais aussi les noms de parcelles cultivées ou non, et les points remarquables (bois, cours d’eau, marécages, hauteurs, landes, etc.). Jusqu’à la seconde guerre mondiale, le moindre de ces lieux avait, ou avait eu, un nom comme en témoignent les terriers d’Ancien Régime et les plus anciens cadastres. La présente étude de la microtoponymie de la commune de Vebret, dans le nord-ouest du Cantal, basée sur les documents d’archives, notamment le cadastre dit «napoléonien» de 1827, et sur les témoignages oraux en auvergnat, s’attache à élucider l’origine et la signification de plusieurs centaines de ces lieux-dits, ainsi que leur répartition et leur survie actuelles. Jusqu’à présent peu de publications avaient été consacrées à l’étude exhaustive de la microtoponymie d’une commune française.

L’AUTEUR
L’auteur est philologue universitaire à la retraite. Une partie de sa famille est originaire de la commune de Vebret (Cantal) qu’il connaît parfaitement grâce à de longues promenades dans les différents secteurs de cette vaste commune. Ses premiers travaux avaient concerné le provençal rhodanien, celui du grand poète Frédéric Mistral. Puis, avec Ph. Olivier, et à son instigation, il a participé à l’édition d’un certain nombre de textes en auvergnat médiéval. Ce travail sur la microtoponymie de Vebret est un témoignage de fi délité de l’auteur à ses racines auvergnates..

PRÉSENTATION DE L'OUVRAGE
Cadre géographique et géologique : cadre climatique, sources et puits, marécages et tourbières, rivières et ruisseaux. Philippe Olivier

Cadre linguistique : adoption d’une graphie inspirée de la graphie mistralienne. Le parler du Vebret appartient à la langue d’Oc –ou Occitan- c’est un passage qui intéressera tous les romanistes (pp 16 à 20). La documentation et la méthode d’études part du cadastre napoléonien (CN) en fait daté de 1828 soit plus de 5070 parcelles cadastrées et 609 entrées principales. La défectuosité des graphies due au fait que les rédacteurs du cadastre ne comprenaient pas le parler de Vebret a conduit l’auteur à procéder à une vaste enquête orale commencée il y a plus de 30 ans – démarche aujourd’hui impossible à cause de la disparition de 80% des témoins.

Cette enquête a été obligatoirement complétée par une reconnaissance sur le terrain indispensable pour éviter certaines confusions. Les archives permettent d’identifier un certain nombre de lieux-dits. Les manuels permettent aussi un nombre non négligeable d’identifications. Nous présentons enfin brièvement les notices et leur organisation.

Après cette introduction suit le corps de l’oeuvre. D’abord les villages et lieux habités, puis les villages abandonnés, ensuite les bâtiments d’exploitation agricole, puis les agronymes, les oronymes, les anthroponymes et quelques autres rubriques de moindre importance. Ensuite un important chapitre est consacré aux hydronymes (pp 149 à 197) : on est surpris de l’abondance des termes ayant trait à l’eau. Mais cela s’explique facilement : Vebret est traversé par 3 cours d’eau permanents qui alimentaient de nombreux moulins. Dans une civilisation rurale, l’eau était importante pour le bétail, d’où de nombreux aménagements.

Au total quelle conclusion pouvons-nous en tirer ? La microtoponymie de Vebret nous offre le tableau d’une société rurale, étonnement stable jusqu’à l’orée du XXe siècle et qui a été bouleversée par les Deux Guerres Mondiales. Et sur le plan linguistique nous avons pu dresser la description d’un parler en voie d’extinction.