Président de la Société algérienne savante d'onomastique (SASO)
À l'heure où l'identité est sommée de choisir des camps, où les polémiques numériques suppléent trop souvent la réflexion, un universitaire algérien a pris le contre-pied des slogans et des invectives. Devant un auditoire institutionnel, le Dr Farid Benramdane n'a brandi ni manifeste ni revendication, mais des noms - ceux des familles, des villages et des villes - pour rappeler une vérité dérangeante parce que vérifiable : l'Algérie ne se fracture pas dans ses noms, elle s'y reconnaît.
Le savant qui fait parler les noms
Dr. Farid Benramdane, Professeur des universités et Président de la Société algérienne savante d'onomastique (SASO), représente l'une des voix les plus originales de l'étude de l'identité en Algérie. Mais contrairement aux politiques qui invoquent l'unité par des slogans, ou aux militants qui la revendiquent par l'activisme, Benramdane la démontre par la preuve scientifique - précisément, par l'étude des noms.Le 22 décembre 2025, lors d'une conférence scientifique organisée au ministère de la Communication sous le thème « L'amazighité et la cohésion nationale », Benramdane a proposé une lecture qui recadre radicalement le débat identitaire algérien. S'appuyant sur l'onomastique - la science des noms propres - il a soutenu que l'unité nationale de l'Algérie n'est pas une aspiration politique mais « une réalité scientifique inscrite sur chaque carte d'identité et chaque panneau de signalisation du pays ».
L'onomastique comme arme contre la division
L'intervention de Benramdane intervient à un moment critique. L'espace public numérique algérien est devenu de plus en plus fragmenté, les plateformes de médias sociaux amplifiant les discours diviseurs par l'étiquetage ethnique : des termes comme « zouave », « hizeb frança » (parti français), ou « zéro kabyle » circulent comme instruments d'exclusion. Ces étiquettes, soutient Benramdane, constituent « des attaques contre l'identité et l'histoire de l'Algérie », créant ce qu'il appelle « l'insécurité identitaire ».
Sa réponse ? Pas de contre-rhétorique, mais des contre-preuves.
S'appuyant sur l'École de Copenhague en études de sécurité, Benramdane a élargi le concept de sécurité au-delà des préoccupations militaires traditionnelles pour englober « la sécurité sociétale » - la protection de l'identité collective contre les menaces qui visent non la vie physique mais l'existence symbolique et linguistique. Pour lui, l'antidote à l'insécurité identitaire réside dans « la déconstruction des mythes coloniaux par la preuve scientifique ».
La preuve onomastique : Des noms qui unissent
Le cœur de la démonstration de Benramdane repose sur une analyse minutieuse des patronymes (noms de famille) et des toponymes (noms de lieux) à travers le territoire algérien. Ce qui émerge est une image frappante d'homogénéité onomastique qui transcende les clivages régionaux supposés.
Le suffixe "-oun" : Un motif trans-algérien
Benramdane retrace le suffixe morphologique "-oun" et ses variantes à travers le paysage linguistique algérien. Cette terminaison, qui apparaît dans les noms de l'Inde à l'Andalousie, est particulièrement productive en Algérie :
Noms de famille comme :
- Aoun
- Sahnoun
- Sadoun
- Zekri
Ces patronymes apparaissent « aussi bien à Tlemcen, en Kabylie que dans le Sud ». Cette structure morphologique, soutient Benramdane, traverse l'histoire, reliant les tribus amazighes médiévales (Beni Ifran, Maghraoua) aux familles contemporaines.
Le cas de "Houari" : Où l'arabe et l'amazigh convergent
Benramdane met en évidence des exemples particulièrement révélateurs où les divisions ethniques supposées s'effondrent sous l'examen onomastique. Le nom « Houari » - célèbre comme nom du saint patron d'Oran et du président Houari Boumédiène - trouve sa racine dans la grande confédération amazighe des Houaras.
Ce fait généalogique, insiste Benramdane, prouve que « l'arabité et l'amazighité s'entremêlent inextricablement dans la généalogie algérienne ». Les noms que portent les Algériens encodent la synthèse historique, non la pureté ethnique.
La maîtrise territoriale par la toponymie
Au-delà des noms de familles, Benramdane examine comment les noms de lieux structurent la géographie algérienne - et comment leur compréhension est essentielle pour une gouvernance territoriale appropriée.
Toponymie saharienne : Les particules "In" et "Tin"
Dans les régions méridionales de l'Algérie, Benramdane identifie des motifs systématiques :
La particule "In" (signifiant « celui de ») structure les noms de lieux masculins :
- In Amenas
- In Salah
La particule "Tin" (signifiant « celle de ») marque les toponymes féminins :
- Tin Hinan (reine touarègue légendaire)
- Tindouf
« Comprendre ces noms », soutient Benramdane, « c'est valider une profondeur historique et géographique africaine que la gestion administrative doit respecter par une normalisation rigoureuse de l'écriture des lieux ».
Ce n'est pas qu'académique. La transcription appropriée et la reconnaissance officielle de la toponymie autochtone deviennent, dans le cadre de Benramdane, un acte de souveraineté territoriale et de justice historique.
L'onomastique contre les mythes coloniaux
Un thème récurrent dans le travail de Benramdane est la déconstruction systématique des mythes coloniaux par la preuve onomastique. Le discours colonial français a souvent dépeint l'Algérie comme une mosaïque de groupes ethniques incompatibles - Arabes, Kabyles, Mozabites, Touaregs - dont l'unité artificielle nécessitait la médiation française.
La recherche onomastique de Benramdane démantèle ce récit. En démontrant :
- La continuité morphologique dans les modèles de dénomination entre régions
- L'interconnexion généalogique dans les origines des noms de famille
- La stratification linguistique montrant des siècles de synthèse amazighe-arabe
...il montre que l'unité de l'Algérie précède le colonialisme et persiste malgré lui. Les noms sont des archives : ils préservent des vérités historiques que les administrateurs coloniaux ne pouvaient pas effacer et que le discours diviseur contemporain ne peut pas nier.
"Amazighité intégrée" vs identité fragmentée
La position de Benramdane sur l'amazighité (identité berbère) est particulièrement significative. Il rejette explicitement ce qu'il appelle « l'amazighité fragmentée » - une vision qui traite l'identité amazighe comme :
- Une particularité régionale
- Une minorité linguistique
- Une enclave ethnique ou « ghetto »
Au lieu de cela, Benramdane plaide pour « l'amazighité intégrée » - comprendre l'héritage amazigh comme un patrimoine transversal et un bien commun appartenant à tous les Algériens, indépendamment de leur pratique linguistique actuelle ou de leur origine régionale.
Il invoque Mouloud Mammeri, le grand intellectuel et linguiste kabyle d'Algérie, qui a déclaré :
« Quand je travaille à la berbérité, c'est à l'algérianité que je travaille. »
Pour Benramdane, ce n'est pas une conciliation rhétorique mais un fait empirique démontré par la science onomastique.
La Société algérienne savante d'onomastique (SASO)
En tant que Président de la Société algérienne savante d'onomastique (SASO), Benramdane a institutionnalisé l'étude des noms en Algérie, créant une plateforme savante pour :
- La recherche systématique sur l'anthroponymie et la toponymie algériennes
- Les conférences scientifiques réunissant linguistes, historiens et géographes
- L'éducation publique sur la signification historique des noms
- Les recommandations politiques sur la normalisation et la préservation des noms de lieux
La SASO représente une initiative savante unique au Maghreb, positionnant l'onomastique à la fois comme discipline académique et outil de cohésion nationale. Dans une région où la politique identitaire fragmente souvent les sociétés, l'approche de Benramdane offre une alternative méthodologique : laisser les noms eux-mêmes témoigner de l'interconnexion historique.
Onomastique et politique publique
La conférence de Benramdane de décembre 2025 n'était pas un exercice académique isolé. Elle s'est tenue au ministère de la Communication et a abouti à une action institutionnelle concrète : la signature d'un accord de coopération entre le ministère et le Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA).
L'objectif de l'accord : « Renforcer et élargir l'usage de la langue amazighe dans la production des contenus médiatiques, tous supports confondus. »
Cela démontre comment la recherche onomastique de Benramdane se traduit en intervention politique. En établissant la réalité scientifique de la synthèse linguistique, son travail fournit une légitimité institutionnelle pour des politiques multilingues qui pourraient autrement être rejetées comme séparatistes ou divisives.
Reconnaissance présidentielle
La signification politique du travail de Benramdane a été soulignée le lendemain de sa conférence : le Président Abdelmadjid Tebboune a reçu Si El Hachemi Assad, Secrétaire général du Haut-Commissariat à l'amazighité, lors d'une audience qui comprenait le conseiller du Président pour les affaires politiques et les relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques.
Cette réunion de haut niveau, intervenant immédiatement après la présentation de Benramdane, signale que ses arguments onomastiques sont pris au sérieux aux plus hauts niveaux de la gouvernance algérienne.
Pourquoi l'onomastique compte : La méthode Benramdane
Ce qui rend la contribution de Benramdane distinctive est sa clarté méthodologique sur ce que l'onomastique peut et ne peut pas faire :
Ce que révèlent les noms :
✓ Profondeur historique : Les noms préservent des strates linguistiques invisibles dans l'usage contemporain
✓ Connexions géographiques : Les motifs toponymiques révèlent l'établissement et la migration anciens
✓ Synthèse généalogique : Les patronymes documentent des siècles de mélange ethnique et linguistique
✓ Distorsions coloniales : Comparer la dénomination pré-coloniale et coloniale révèle les catégories imposées
✓ Souveraineté territoriale : Normaliser la toponymie autochtone affirme le contrôle national
Ce que les noms ne peuvent pas faire :
✗ Remplacer la négociation politique
✗ Résoudre les conflits contemporains de ressources
✗ Dicter les choix d'identité individuels
Le génie de Benramdane réside dans son refus de surestimer la portée de l'onomastique tout en maximisant sa puissance probante dans son domaine propre. Les noms ne résolvent pas les disputes politiques—mais ils établissent des faits historiques de base que le discours politique doit reconnaître.
Contexte international : Onomastique et unité nationale
Le travail de Benramdane résonne avec des tendances internationales plus larges en onomastique critique, où les chercheurs examinent comment les pratiques de dénomination intersectent avec :
- La reconstruction identitaire post-coloniale (débats similaires au Maroc, en Tunisie)
- Les droits linguistiques (reconnaissance des langues minoritaires)
- La politique territoriale (noms de lieux disputés dans les zones de conflit)
- La politique de la mémoire (renommer pour effacer ou affirmer des récits historiques)
Pourtant, la configuration de l'Algérie est unique : un pays où plusieurs substrats linguistiques (amazigh, arabe, français) coexistent dans un seul cadre national, où la diversité régionale est prononcée, et où les héritages coloniaux restent contentieux. Dans ce contexte, l'onomastique devient non seulement descriptive mais constitutive - les noms ne reflètent pas seulement l'identité ; ils construisent activement les paramètres de l'appartenance nationale.
Un savant pour des temps polarisés
Ce qui émerge du profil de Benramdane est un savant adapté aux temps polarisés : quelqu'un qui refuse de jouer le jeu de la politique identitaire tout en prenant simultanément les questions d'identité avec le plus grand sérieux.
Son mouvement caractéristique est de changer de registre - du domaine de la revendication politique au terrain de la vérification scientifique. Confronté à un discours diviseur (« Vous n'êtes pas vraiment algérien », « Votre région n'appartient pas »), Benramdane répond : « Consultons les noms. »
Ce n'est pas de l'évasion mais une forme de judo intellectuel, utilisant le propre terrain de l'adversaire (revendications sur l'identité authentique) pour établir un type d'autorité différent (preuve empirique sur l'identité historique).
Regarder vers l'avenir : L'onomastique et l'avenir de l'Algérie
Alors que l'Algérie navigue les complexités du 21e siècle - équilibrant :
- La diversité linguistique avec la cohésion nationale
- Les identités régionales avec la gouvernance centralisée
- La justice historique avec la stabilité contemporaine
- La fragmentation numérique avec l'autorité institutionnelle
...l'approche onomastique de Benramdane offre un modèle méthodologique. Elle suggère que les questions d'identité ne doivent pas être des batailles politiques à somme nulle mais peuvent être des domaines d'enquête partagée où la preuve compte.
Son insistance répétée que « l'unité nationale n'est pas un slogan politique mais une réalité scientifique » repositionne les termes du débat : l'unité devient non pas quelque chose à imposer ou à négocier mais quelque chose à reconnaître dans le registre historique que les noms préservent.
Dr. Farid Benramdane: Onomastics as a Science of National Unity
President of the Algerian Learned Society of Onomastics (SASO)
When identity is summoned to choose sides, when digital polemics too often supplant reflection, an Algerian academic has taken the opposite path from slogans and invective. Before an institutional audience, Dr. Farid Benramdane brandished neither manifesto nor claim, but names - those of families, villages, and cities—to recall a disruptive truth because it is verifiable: Algeria does not fracture in its names; it recognizes itself in them.
The Scholar Who Makes Names Speak
Dr. Farid Benramdane, Professor of Universities and President of the Société algérienne savante d'onomastique (SASO) [Algerian Learned Society of Onomastics], stands as one of Algeria's most original voices in the study of identity. But unlike politicians who invoke unity through slogans, or activists who claim it through militancy, Benramdane demonstrates it through scientific proof - specifically, through the study of names.
On December 22, 2025, during a scientific conference organized at the Ministry of Communication under the theme "Amazighité and National Cohesion," Benramdane delivered a presentation that reframed Algeria's identity debate in radical terms. Drawing on onomastics - the science of proper names - he argued that Algeria's national unity is not a political aspiration but "a scientific reality inscribed on every identity card and every road sign in the country."
Onomastics as a Weapon Against Division
Benramdane's intervention came at a critical moment. Algeria's digital public sphere has become increasingly fractured, with social media platforms amplifying divisive discourse through ethnic labeling: terms like "zouave," "hizeb frança" (French party), or "zéro kabyle" (zero Kabyle) circulate as instruments of exclusion. These labels, Benramdane argues, constitute "attacks against Algeria's identity and history," creating what he calls "identitary insecurity."
His response? Not counter-rhetoric, but counter-evidence.
Drawing on the Copenhagen School of security studies, Benramdane expanded the concept of security beyond traditional military concerns to encompass "societal security" - the protection of collective identity against threats that target not physical life but symbolic and linguistic existence. For him, the antidote to identitary insecurity lies in "the deconstruction of colonial myths through scientific proof."
The Onomastic Evidence: Names That Unite
The core of Benramdane's demonstration rests on a careful analysis of patronyms (family names) and toponyms (place names) across Algeria's territory. What emerges is a striking picture of onomastic homogeneity that transcends supposed regional cleavages.
The "-oun" Suffix: A Trans-Algerian Pattern
Benramdane traces the morphological suffix "-oun" and its variants across Algeria's linguistic landscape. This ending, which appears in names from India to Andalusia, is particularly productive in Algeria:
Family names like:
- Aoun
- Sahnoun
- Sadoun
- Zekri
These patronyms appear "as much in Tlemcen as in Kabylia as in the South." This morphological structure, Benramdane argues, traverses history, linking medieval Amazigh tribes (Beni Ifran, Maghraoua) to contemporary families.
The Case of "Houari": Where Arab and Amazigh Converge
Benramdane highlights particularly revealing examples where supposed ethnic divisions collapse under onomastic scrutiny. The name "Houari" - famous as the name of Oran's patron saint and President Houari Boumédiène - finds its root in the great Amazigh confederation of the Houaras.
This genealogical fact, Benramdane insists, proves that "Arabity and Amazighity intertwine inextricably in Algerian genealogy." The names Algerians bear encode historical synthesis, not ethnic purity.
Territorial Mastery Through Toponymy
Beyond family names, Benramdane examines how place names structure Algeria's geography - and how understanding them is essential for proper territorial governance.
Saharan Toponymy: The "In" and "Tin" Particles
In Algeria's southern regions, Benramdane identifies systematic patterns:
The particle "In" (meaning "he who belongs to" / "celui de") structures masculine place names:
- In Amenas
- In Salah
The particle "Tin" (meaning "she who belongs to" / "celle de") marks feminine toponyms:
- Tin Hinan (legendary Tuareg queen)
- Tindouf
"Understanding these names," Benramdane argues, "validates an African historical and geographical depth that administrative management must respect through rigorous standardization of place-name spelling."
This is not merely academic. Proper transcription and official recognition of indigenous toponymy becomes, in Benramdane's framework, an act of territorial sovereignty and historical justice.
Onomastics Against Colonial Myths
A recurring theme in Benramdane's work is the systematic deconstruction of colonial myths through onomastic evidence. French colonial discourse often portrayed Algeria as a mosaic of incompatible ethnic groups - Arabs, Kabyles, Mozabites, Tuaregs - whose artificial unity required French mediation.
Benramdane's onomastic research dismantles this narrative. By demonstrating:
- Morphological continuity in naming patterns across regions
- Genealogical interconnection in family name origins
- Linguistic stratification showing centuries of Amazigh-Arab synthesis
...he shows that Algeria's unity predates colonialism and persists despite it. Names are archives: they preserve historical truths that colonial administrators could not erase and that contemporary divisive discourse cannot deny.
"Integrated Amazighity" vs. Fragmented Identity
Benramdane's position on Amazighity (Berber identity) is particularly significant. He explicitly rejects what he calls "fragmented amazighity" - a vision that treats Amazigh identity as:
- A regional peculiarity
- A linguistic minority
- An ethnic enclave or "ghetto"
Instead, Benramdane advocates for "integrated amazighity" (amazighité intégrée) - understanding Amazigh heritage as a transversal patrimony and common good (bien commun) belonging to all Algerians, regardless of their current linguistic practice or regional origin.
He invokes Mouloud Mammeri, Algeria's great Kabyle intellectual and linguist, who declared:
"When I work for Berbérité, it is for Algérianité that I work."
("Quand je travaille à la berbérité, c'est à l'algérianité que je travaille.")
For Benramdane, this is not rhetorical conciliation but empirical fact demonstrated through onomastic science.
The Algerian Learned Society of Onomastics (SASO)
As President of the Société algérienne savante d'onomastique (SASO), Benramdane has institutionalized the study of names in Algeria, creating a scholarly platform for:
- Systematic research on Algerian patronymy and toponymy
- Scientific conferences bringing together linguists, historians, and geographers
- Public education on the historical significance of names
- Policy recommendations on standardization and preservation of place names
SASO represents a unique scholarly initiative in the Maghreb, positioning onomastics as both an academic discipline and a tool for national cohesion. In a region where identity politics often fragments societies, Benramdane's approach offers a methodological alternative: let names themselves testify to historical interconnection.
Onomastics and Public Policy
Benramdane's December 2025 conference was not an isolated academic exercise. It took place at the Ministry of Communication and resulted in concrete institutional action: the signing of a cooperation agreement between the Ministry and the High Commission for Amazighity (HCA).
The agreement's objective: "To reinforce and expand the use of Amazigh language in media content production across all platforms."
This demonstrates how Benramdane's onomastic research translates into policy intervention. By establishing the scientific reality of linguistic synthesis, his work provides institutional legitimacy for multilingual policies that might otherwise be dismissed as separatist or divisive.
Presidential Recognition
The political significance of Benramdane's work was underscored the day following his conference: President Abdelmadjid Tebboune received Si El Hachemi Assad, Secretary General of the High Commission for Amazighity, in an audience that included the President's advisor for political affairs and relations with youth, civil society, and political parties.
This high-level meeting, coming immediately after Benramdane's presentation, signals that his onomastic arguments are being taken seriously at the highest levels of Algerian governance.
Why Onomastics Matters: The Benramdane Method
What makes Benramdane's contribution distinctive is his methodological clarity about what onomastics can and cannot do:
What Names Reveal:
✓ Historical depth: Names preserve linguistic strata invisible in contemporary usage
✓ Geographic connections: Toponymic patterns reveal ancient settlement and migration
✓ Genealogical synthesis: Patronyms document centuries of ethnic and linguistic intermixture
✓ Colonial distortions: Comparing pre-colonial and colonial naming reveals imposed categories
✓ Territorial sovereignty: Standardizing indigenous toponymy asserts national control
What Names Cannot Do:
✗ Replace political negotiation
✗ Resolve contemporary resource conflicts
✗ Dictate individual identity choices
Benramdane's genius lies in refusing to overstate onomastics' reach while maximizing its evidential power within its proper domain. Names don't resolve political disputes - but they do establish baseline historical facts that political discourse must acknowledge.
International Context: Onomastics and National Unity
Benramdane's work resonates with broader international trends in critical onomastics, where scholars examine how naming practices intersect with:
- Post-colonial identity reconstruction (similar debates in Morocco, Tunisia)
- Linguistic rights (minority language recognition)
- Territorial politics (disputed place names in conflict zones)
- Memory politics (renaming to erase or assert historical narratives)
Yet Algeria's configuration is unique: a country where multiple linguistic substrata (Amazigh, Arabic, French) coexist within a single national framework, where regional diversity is pronounced, and where colonial legacies remain contentious. In this context, onomastics becomes not merely descriptive but constitutive - names don't just reflect identity; they actively construct the parameters of national belonging.
A Scholar for Polarized Times
What emerges from Benramdane's profile is a scholar suited to polarized times: someone who refuses to play the game of identity politics while simultaneously taking identity questions with utmost seriousness.
His characteristic move is to shift register - from the realm of political claim to the terrain of scientific verification. When confronted with divisive discourse ("You are not truly Algerian," "Your region doesn't belong"), Benramdane responds: "Let us consult the names."
This is not evasion but a form of intellectual judo, using the opponent's own ground (claims about authentic identity) to establish a different kind of authority (empirical evidence about historical identity).
Looking Forward: Onomastics and Algeria's Future
As Algeria navigates the complexities of the 21st century - balancing:
- Linguistic diversity with national cohesion
- Regional identities with centralized governance
- Historical justice with contemporary stability
- Digital fragmentation with institutional authority
...Benramdane's onomastic approach offers a methodological model. It suggests that identity questions need not be winner-take-all political battles but can be domains of shared inquiry where evidence matters.
His repeated insistence that "national unity is not a political slogan but a scientific reality" repositions the terms of debate: unity becomes not something to be imposed or negotiated but something to be recognized in the historical record that names preserve.
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