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Friday, April 1, 2022

L’Ariège a un dictionnaire toponymique qui devrait faire référence

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C’est un ouvrage qui devrait faire référence que Patrice Poujade vient de publier avec le soutien de l’Institut d’Etudes Occitanes.

L’appaméen Patrice Poujade, enseignant en histoire à l’université de Perpignan, vient de publier le résultat d’années de recherches sur l’origine toponymique des lieudits, hameaux, montagnes, rivières et pas moins de 300 communes d’Ariège. Un travail de patience et de rigueur qui ravira les nombreux amateurs du genre et les occitanistes. L’ouvrage a été présenté le 4 mars en mairie de Foix en présence de la présidente de l’Institut d’études occitanes de l’Ariège, Annie Wolf, qui estime «que faute d’être soutenu par les pouvoirs publics, l’Occitan s’appauvrit dans les territoires où il était parlé».

Patrice Poujade a rappelé que la toponymie était une branche de l’onomastique, que c’était «une science exigeante à la croisée de l’archéologie et de l’histoire». Une science qui pouvait avoir aussi une approche socio-linguistique «en ce qu’elle peut être vue comme un rapport de force, ou la représentation que se fait d’un lieu un groupe humain».

Pour chaque nom de lieu, l’auteur est allé chercher les plus anciennes mentions (attestations) connues en occitan ou en latin. Il en propose toute l’histoire des évolutions et se risque à évoquer une «hypothèse» par laquelle il essaie de trancher au plus près de la vérité. Il s’appuie pour cela sur le travail de ses pairs (Aymard, Adelin Moulis entre autres) et un travail d’enquête. Exemple avec le nom Miglos – le g se prononce que – dont ont connaît près de 80 «attestations» entre le XIe et le XVIe siècle, qui fut aussi Merglos.

 Et l’auteur de préciser que les noms de lieux ont principalement deux origines, la période pré-indo européennes et celle indo-européenne (celtique, germanique, latine). La première couche, plutôt rencontrée en montagne, se termine par «os» par «en» comme Vicdessos, Alzen, Nalzen, mais aussi Sentein, Aucazein…  Les terminaisons en «at» comme Banat, St Paul-de-Jarrat, Auzat, seraient elles aussi parmi les plus anciennes. On notera aussi une influence basque avec le son «rs» comme Urs ou l’Hers.

Dans la couche la plus récente, ce sont les sons «an», ou «ac», ou encore «ens» qui signifie «appartient à», comme Mérens, Loubens, Coutens qui seraient des mots wisigoths. Les Celtes (gaulois) nous ayant laissé Ludiès (le marais ou l’endroit humide), Vernajoul, Verniolle, le Vernet. La troisième couche, française, est plus rare dans la toponymie locale : la Tour-du-Crieu pourrait en être un exemple. Dans tous les cas, la méthode est la même : partir de la forme la plus ancienne et observer ses évolutions, et surtout pas l’inverse. L’auteur reconnaît que son dictionnaire, n’est qu’un point d’étape, que tout n’y est pas, mais ses 470 pages déroulent un aperçu assez vaste de la toponyme ariégeoise.

Cécile Dupont

Friday, October 2, 2020

Professeur et spécialiste de toponymie occitane Xavier Ravier (1930 - 2020)

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La Société Française d'Onomastique a la grande tristesse de vous faire part du décès de M. Xavier Ravier, survenu ce mercredi 30 septembre 2020.

Professeur d'occitan à la Faculté des lettres de Pau (1965-1973), directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (depuis 1985), professeur à l'Université de Toulouse-Le Mirail (1984-1985 puis 1989-1997). 

Ses obsèques seront célébrées lundi prochain à 14 heures, en la cathédrale St-Etienne de Toulouse.

Un hommage lui sera rendu ultérieurement dans la Nouvelle Revue d'Onomastique. 


Xavier Ravier naît le 6 décembre 1930 à Ladevèze-Rivière (canton de Marciac, Gers), « au centre géométrique de la Gascogne » qu’il parcourt toute sa vie, sur le terrain et dans les archives, et à laquelle il consacre sa vie de chercheur. Après une scolarité primaire à Labatut-Rivière et des études secondaires classiques latin-grec au collège de Vic-Bigorre, X. Ravier entreprend des études supérieures à la faculté des lettres de Toulouse. Il y rencontre en Jean Séguy (1914-1973) le « maître » dont il se réclamera toute sa vie, qui décide de sa vocation de linguiste romaniste, inaugure une fructueuse collaboration et lui confie, alors qu’il est encore son étudiant, quelques enquêtes dans le cadre de l’Atlas linguistique et ethnographique de la Gascogne.

Entré au CNRS en 1956 en qualité de stagiaire de recherches puis d’assistant de recherches de Jean Séguy, il se voit confier en 1957 l’enquête complémentaire de l’ALG, achevée en 1963, dont les résultats constituent la matière des volumes IV à VI, soit la moitié de l’œuvre ! À partir de 1967, il sera en outre investi de la responsabilité de l’Atlas linguistique et ethnographique du Languedoc occidental (4 volumes parus en 1978, 82, 86 et 93).

Ces mêmes années sont aussi celles de ses recherches sur le patrimoine ethno-littéraire des Pyrénées centrales, Bigorre et Béarn essentiellement, à l’origine, d’une part, d’un ouvrage écrit en collaboration avec J. Séguy, Chants folkloriques gascons de création locale récemment découverts dans les Pyrénées (Via Domitia VI 1959 et VII 1960) repris en 1978 sous le titre Poèmes chantés des Pyrénées gasconnes, et d’autre part de sa thèse de doctorat d’état Le récit mythologique en Haute-Bigorre soutenue en 1979 et publiée en 1986.

Maître de recherche du CNRS en octobre 1975 puis directeur de recherche en novembre 1985, il assume en outre, de 1965 à 73, une charge de cours d’occitan à la faculté des lettres et sciences humaines de Pau devenue Université de Pau et des pays de l’Adour, puis, à compter de 1968, une charge de cours d’occitan à la faculté des lettres et sciences humaines de Toulouse devenue Université de Toulouse-Le Mirail. À partir de 1984 il est détaché du CNRS au Mirail et y devient, de 1989 à 97, professeur de linguistique française et romane, responsable de 1989 à 93 du département de linguistique. À sa retraite en janvier 1998, nommé professeur émérite, il poursuit inlassablement ses travaux dialectologiques, philologiques et onomastiques, en lien avec le laboratoire Framespa, notamment lorsque son directeur est l’historien Benoît Cursente avec qui il publie en 2005 aux éditions du CTHS le monumental Cartulaire de Bigorre (XIe-XIII s.).

La linguistique n’a jamais coupé Xavier Ravier de la littérature, son autre volumineuse passion. En attestent de multiples articles consacrés à la poétique et la poésie contemporaines, fruits de lectures répétées des écrivains Joë Bousquet, R. M. Rilke, Giuseppe Ungaretti, Jorge Guillén etc., des philosophes (tout particulièrement allemands) et de rencontres décisives avec Miquèu Camelat, Simin Palay, René Nelli, René Char, André Breton ou Gaston Massat.

Parallèlement à son activité scientifique et pédagogique, Xavier Ravier poursuit une activité d’écriture poétique, en occitan et en français, de Paraulas enta tròç de prima (1953) à D’eau, de terre, de parole (2004). Membre actif de l’Institut d’estudis occitans dans les décennies 1950 et 60 et animant fréquemment les émissions littéraires occitanes de Radio Toulouse, X. Ravier est sollicité pour son autorité scientifique par diverses structures dont il assume un temps la présidence, notamment le Conservatoire occitan - Centre des musiques et danses traditionnelles Toulouse-Midi-Pyrénées et le GARAE-Ethnopôle à Carcassonne.

Officier des Palmes académiques et chevalier des Arts et des Lettres, membre d’honneur de l’Académie des langues dialectales à Monaco, il se voit décerner en 2013 le Prix Albert Dauzat par la Société française d’onomastique. En 2003, soixante de ses collègues et amis lui offrent des mélanges, Sempre los camps auràn segadas resurgantas, titre significativement emprunté à un poème d’Antonin Perbosc extrait du recueil L’Arada dont Xavier Ravier procure en 2000 une édition critique extraordinairement fouillée.


Monday, November 18, 2019

Séminaire Toponymie pendant les Journées "Langue et Culture occitanes à la Région Occitanie"

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Les 28 et 29 novembre auront lieu deux journées à l’Hôtel de Région à Toulouse autour de la thématique de la langue pour le développement territorial avec de nombreux intervenants qualifiés.
Elles sont organisées par Lo Congrès permanent de la lenga occitana, le CIRDOC – Institut occitan de cultura et l’Office Public de la Langue Occitane (OPLO) en partenariat avec la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.
C’est un programme fort complet qui sera présenté aux participants, à savoir principalement des conférences d’acteurs majeurs de la toponymie (Bénédicte BOYRIE-FÉNIÉ, toponymiste, Patrice POUJADE, professeur à l’Université de Perpignan ou encore Philippe ABADIE, de l’IGN), de la sociolinguistique occitane (Jean-Yves AGARD, docteur en sociologie, Vincent RIVIÈRE du Congrès, ou encore Carmen ALEN GARABATO, sociolinguiste à l’Université de Montpellier) mais aussi des collectivités (Carole DELGA, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, ou encore Magali BLÉNET, chargée de mission de la ville de Toulouse), ou des partenaires de structures plus lointaines (La Chambra d’Òc des vallées occitanes d’Italie, l’Office Public de la Langue Bretonne).
Pour concrétiser les avancées réalisées en matière de langue pour le développement territorial, une convention sera signée entre Lo Congrès permanent de la lenga occitana et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) en présence de Carole DELGA, le jeudi 29 novembre à 18h30.
Ces journées seront également l’occasion de fêter la convivialité et l’échange d’expériences dans un cadre plus léger, avec un concert d’Anda-Lutz (de la Cie Guillaume Lopez), samedi soir.
Passionnés de toponymie, responsables associatifs, de collectivités mais aussi d’entreprises du pays, vous êtes tous invités à ces journées riches en apprentissages pour le développement du territoire occitan ! N’oubliez pas de vous inscrire au plus tôt à l’adresse suivante : https://www.laregion.fr/toponymie1119
Retrouvez l’intégralité du programme et des participants sur la brochure officielle : Programme complet

Saturday, April 27, 2019

Livre "20000 lieux sous la loupe"

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Des décennies d’enquêtes dans plus de 600 communes, avec à la clé des milliers d’explications, la mise au point graphique de plus de 30 000 noms de lieux de Charente, de Dordogne, de Corrèze, de Creuse, de Haute-Vienne, y compris des glacis poitevin et berrichon. Tout est rassemblé dans ce petit ouvrage qui s’apparente à une bible des incongruités linguistiques toponymiques. Il fallait la sagacité d’un toponymiste averti pour révéler que La Taille du Pendu n’est autre qu’un bois de pente…
 Linguiste et spécialiste de la civilisation occitane, Yves Lavalade est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence consacrés à la langue et la civilisation occitanes, parmi lesquels deux dictionnaires, français/occitan et occitan/français, qui font autorité, des études toponymiques, ainsi qu'un passionnant guide occitan de la flore aux éditions Lucien Souny.

Trésors des expressions limousines, 2008
La vie quotidienne des Limousins à travers les noms de lieux
, 2011
Jean-Louis Savignac est venu pimenter ce travail de fourmi. Usant de son aplomb, de son ironie sympathique, de son esprit provocateur et allusif, il nous livre une trentaine de caricatures qui séduiront tant les lecteurs de langue française que ceux de langue occitane.

Monday, April 2, 2018

Conférence diaporama Noms de lieux al país montanhòl

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Le 07 avril 2018 de 14h30 à 18h30
place du 1er Mai
Maison des Associations, salle Jeanne Cabrol
81100 Castres
France


Prix : GRATUIT

De Vabre à LaCaune, entre Agout et Gijou, lo país montanhòl offre aux visiteurs comme aux habitants, une multitude de sites, de paysages.

Pour s’y repérer, nous faisons référence à des noms qui ont été donnés il y a parfois longtemps. Ces noms de lieux ou toponymes ne sont pas les fruits du hasard : ils ont déterminé des éléments caractéristiques du paysage, des activités humaines voire de certaines personnes en misant sur un aspect remarquable qui repose plus souvent sur la rareté que l’abondance. Ce sont donc de bons indicateurs d’un environnement parfois passé, parfois encore présent, en tous cas témoin des évolutions liées au climat, aux activités humaines.

Ce trésor de mots indiqués sur les panneaux signalétiques ou enfoui au plus profond de la mémoire, est cependant incompréhensible pour bon nombre de personnes : les peuples qui nous ont précédés ont laissé une part de leur vocabulaire mais c’est surtout la langue d’oc qui pendant plus de dix siècles a imprimé sa marque sur ce territoire. Elle reste donc une clé incontournable pour accéder à la connaissance et ainsi améliorer notre relation avec l’environnement.

Malheureusement, dévalorisation, erreurs orthographiques dues à la non prise en compte des règles inhérentes à cette langue, abandon de la transmission familiale, rendent le chemin ardu. Pourtant, la toponymie est partie intégrante de notre patrimoine : il convient donc de la respecter, de la revaloriser et cela passe par la connaissance et aussi de nécessaires corrections orthographiques.

C’est à ce pari sur l’intelligence que Pèire Thouy, naturaliste et occitaniste, bref païsan, vous convie à travers un diaporama qui se veut une petite balade initiatique dans le dédale de quelques noms de lieux de ce país montanhòl à épouser dans toutes ses composantes y compris linguistiques.

Cette conférence aura lieu le samedi 7 avril 2018, à 14h30, à la Maison des Associations (place du 1er mai - 81100 Castres).

Entrée gratuite.

En partenariat avec l'Université Pour Tous

et l’Institut d’Etudes Occitanes – Section Tarn.

Organisateur : Centre Occitan del País Castrés

« Ostal Azalaís », 6 rue du Consulat - 81100 CASTRES

05 63 72 40 61 - azalais@wanadoo.fr